Dans l'étude de la poésie et en particulier de la poésie moderne que l'on peut mener en troisième et au lycée, la place du blanc dans l'interprétation des textes est primordiale. Comment la page s'orchestre-t-elle et comment le texte prend-il une résonance différente selon l'espace qu'il occupe ? Quel rythme le blanc imprime-t-il au texte ? Comment le sens des textes varie-t-il avec leur mise en page ? Quel espace laisse-t-il à la réflexion et à l'émotion ? Pour mieux saisir comment les poètes, dans la littérature occidentale, se sont approprié le blanc pour faire résonner le noir du texte, ce parcours propose un détour dans le temps et dans l'espace. La confrontation de documents de différentes époques et différentes cultures permet en effet de répertorier les fonctions et les valeurs du blanc
La première série de documents à explorer s'organise selon une ligne diachronique depuis un texte latin en "scriptura continua" jusqu’aux brouillons d'écrivains du XX
e siècle. Dans ce premier parcours, les élèves découvrent que le blanc n'a pas toujours existé, qu'il a une fonction organisatrice dans la page à lire et qu'il est un espace de projection de l'imaginaire dans la page à écrire.
La deuxième série met en regard des documents de sphères culturelles différentes. Elle permet de mettre en lumière d’autres rapports entre le texte et l'image.
Après ce premier tour d'horizon, on ajuste la focale sur la période charnière pour la poésie occidentale du tournant du XIX
e et de la première moitié du XX
e siècle. La découverte du texte de Mallarmé constitue un point de départ incontournable. Les pages de Marinetti, Iliazd, Leiris et enfin Apollinaire permettent de mesurer tout l'impact du blanc dans le déploiement de l'énergie visuelle et sonore du texte.