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l'aventure des écritures

Les supports dominant de l'écrit, dans l'espace et dans le temps

Parcours pédagogique
 

Il y a une histoire et une géographie des supports : elle a fait apparaître, au fil des latitudes et des époques, des supports dominants : argile, papyrus, parchemin, papier. Aujourd’hui, les supports de l’écrit ont tendance à se dématérialiser et l’emprise de la géographie s’estompe sous le double empire du papier et du numérique.

Exploration géographique des supports

Pour retrouver cette chrono-géographie, les élèves sont invités à placer sur une carte un certain nombre de documents. La carte peut être imprimée ou projetée au tableau. On utilisera des vignettes représentant les documents à une taille adaptée à l’un ou l’autre cas.
On peut aussi utiliser des échantillons du matériau même : en effet il n’est pas inintéressant de se procurer des morceaux d’argile, de papyrus, de parchemin, de bambou etc., dans la mesure du possible afin que la matière prenne une place dans cette activité. On veillera alors à mentionner trois informations essentielles : le matériau, le lieu ainsi que les dates d’usage de ces supports. On pourra noter également la préparation nécessaire à la fabrication de certains supports.
Documents à consulter
 
 
Carte à projeter

Vignettes à imprimer

On pourra ainsi localiser :
- La tablette d’argile en Mésopotamie : IVe millénaire av J.-C. – début de l’ère chrétienne ;
- Le rouleau de papyrus en Egypte : IIIe millénaire av J.-C. – IVe siècle av J.-C.
- Le parchemin inventé à Pergame : IIe siècle av J.-C. – XVIe siècle ;
- Le rouleau de papier en Chine : à partir du IIe siècle avant J.-C.
- Le bambou en Chine et dans l’Asie du Sud-est : à partir du Ier millénaire av J.-C.
- Les papiers végétaux en Méso-Amérique : au XVIIe siècle, certains papiers végétaux se.démarquent par rapport au papier occidental standardisé ;
- Les supports numériques : XXe siècle, en Europe et aux Etats Unis puis diffusion à l’échelle planétaire.
Cette exploration géographique des supports permettra d’identifier les grandes civilisations qui ont été le berceau de l’écrit. Il est important de noter alors que jusqu’au XIXe siècle, les livres du monde ne se ressemblent pas, contrairement à aujourd’hui. Ce qui permet d’aborder une réflexion historique sur les supports.
L’idée d’une variété géographique des supports sera alors un peu bouleversée par la mise en relief de grandes tendances historiques : un compactage de l’écrit et une mondialisation des supports.

Un point sur l’Histoire des supports

Chaque civilisation a cherché, identifié et développé les supports les plus adéquats pour la transmission et la réception de l’écrit. Argile en Mésopotamie, papyrus en Égypte, bambou en Chine... les premiers scribes empruntent à leur environnement immédiat le matériau le plus propice à recevoir leurs écrits et ce matériau influence en retour le geste, l’outil, la graphie : l’écriture cunéiforme naît de l’argile, les hiéroglyphes de la pierre deviennent abstraits sur le papyrus ; les minces et longues lames de bambou, premier support de l’écriture chinoise, entraînent probablement la disposition des signes en colonnes, de même que la forme de la feuille de palmier détermine le format oblong des livres du Sud-Est asiatique.
Chaque matériau a ses qualités et ses limites. Ainsi, l’argile sèche vite : "La bonne règle veut qu’une tablette d’argile, séchée au soleil ou cuite, utilisée jadis plus ou moins longtemps, avec tous les risques possibles de bris ou de dommage, puis déterrée quelquefois sans tendresse de son sommeil souterrain de plusieurs millénaires, au cours duquel la pression de la terre, l’humidité, la production de cristaux parasites l’ont éprouvée encore, se présente à nous abîmée, effacée ou entièrement perdue par places, souvent même brisée en plusieurs gros et petits fragments, ce qui, de soi, rend impossible d’en connaitre la teneur entière." dit Jean Bottéro dans la préface de L’Histoire commence à Sumer, de Samuel Noah Kramer. Le papyrus s’effrite vite, le sable quant à lui  est mouvant et s’efface… Le geste d’écriture est  toujours aux prises avec la contrainte de la matière.
 
Le passage d’un matériau à l’autre s’opère lentement et différemment selon les civilisations : au début de notre ère, les Chinois utilisent déjà le papier alors que le parchemin commence à apparaître au Moyen-Orient et en Occident et que le papyrus est encore employé sur tout le pourtour méditerranéen.
La plupart du temps, l’évolution se produit sous le coup de contraintes économiques et pratiques : le parchemin, fabriqué presque partout, supplante le papyrus, qu’il faut importer d’Égypte ; le codex remplace le volumen, qui contient beaucoup moins de texte. Le support s’adapte ainsi progressivement à une diffusion de plus en plus large.
Les élèves répartis en groupe sont invités à étudier chacun un support : argile, papyrus, végétaux, parchemin, papier, supports numériques.
Pour chaque support chaque groupe devra établir :

. La civilisation qui a vu naître ce support

. La durée d’utilisation du support

. Les qualités qui ont fait de ce matériau le support favori de la diffusion de l’écrit pour cette société

. Les défauts éventuels du support

. Les modalités de préparation nécessaires

. L’impact de ce support sur le texte écrit

. La diffusion de ce support dans le monde

Pour remplir leur grille les élèves seront invités à interroger la base de données en procédant à une recherche par support.
On pourra préférer proposer aux élèves une sélection de documents :
Documents à consulter

L'argile, support-mémoire de l'écriture cunéiforme

Le triomphe du papyrus

Manuscrits sur ôles, ou feuilles de latanier

La préparation du parchemin et ses techniques

Le papier, une invention chinoise

Les supports

L’échange autour des travaux des groupes devra permettre de dégager des tendances
- Dans un premier temps, on remarque un certain compactage de l’écrit : il y a de plus en plus de texte sur un support de plus en plus petit. Avec les supports numériques, le support disparaît complètement au profit du contenu. Le support de stockage du texte s’efface devant un support de lecture éphémère.
- Dans un deuxième temps, on remarque un phénomène de mondialisation : le papier puis l’écran deviennent des supports universels.
Synthèse : écouter le récit "Les supports de l’écrit"

Codex, papier, imprimerie et numérique: des révolutions successives

Certains changements de supports entrainent de profonds bouleversements dans le rapport à l’écrit.
Avec le parchemin tout change ; Le codex qui se substitue lentement au rouleau  favorise l’organisation du texte  en séquences discontinues, en pages autonomes. Avec le codex naissent la couverture, la page de titre, la  marge, la pagination,  le chapitrage, la table des matières, l’index…Le texte cesse de se dérouler au rythme du rouleau ; il joue avec le support, se servant de toutes les possibilités qu’offre le pli.
Avec le codex nait aussi la lecture silencieuse car le livre tient dans la main ; de nouveaux signes vont guider la lecture : espaces, ponctuation, paragraphes…Naitra aussi une littérature plus intime, le roman.
Les élèves pourront examiner un rouleau et tenter de retrouver toutes les innovations qu’apporte le codex en repérant les différences avec les livres qu’ils utilisent.
Documents à consulter
 
 
La diffusion du papier et l’invention de l’imprimerie vont accélérer la dématérialisation du support. Dans les Cahiers de médiologie, n°4, 1997 on trouve cette définition du papier, c’est "une entité sans laquelle notre monde ne pourrait se concevoir et qui pourtant reste le plus souvent transparente au regard." Dans ce même numéro on trouve aussi que "la réalité du papier disparait derrière le symbole, le texte, la représentation ou le signe dont il est porteur.".
Peu couteux, le papier va permettre, grâce à l’imprimerie, la multiplication des livres et le développement de leur diffusion.
Les supports numériques marquent la consécration de la transparence du support.
Le texte est-il seul à subsister ? L’intérêt pour les supports serait-il définitivement abandonné ?
Les développements de l’informatique n’ont en rien fait décliner l’usage du papier. La consommation a triplé en trente ans et l’on n’a jamais autant imprimé pour faciliter la lecture de documents. Surtout, à côté des supports dominant de l’écrit, les supports restent fondamentaux pour des messages que l’ont veut spécifiques.
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