Trente lignes en quinconce évoquant des briques
Bible
[Castille], 1232.
Parchemin, 390 f, 22 x 19 cm
BNF, Manuscrits orientaux, hébreu 25, f. 40 v°-41
© Bibliothèque nationale de France
La transmission du texte hébreu de la Bible a fait de tout temps l'objet d'une attention particulière ; des personnes lettrées, des scribes, étaient chargées de veiller à sa copie avec le souci de le garder tel qu'il aurait été donné au moment de sa révélation. Nous savons d'après les fragments retrouvés dans les grottes de Qumran, ainsi que dans la Gueniza du Caire, que le texte hébreu de la Bible ne comportait anciennement pas de système de notation des voyelles ; en fait, l'alphabet hébraïque ne note que les consonnes, dont trois ont aussi une valeur vocalique. Le texte était écrit en continu sur des rouleaux de parchemin, sans division de chapitres et de versets. Vers le VIe siècle, les rabbins, contournant l'interdit d'ajouter ou de retrancher quoi que ce soit au texte biblique, transmirent le texte accompagné d'un système de vocalisation et de notes marginales destiné à éviter les erreurs de copies. Ces massorètes fixèrent ainsi définitivement l'orthographe et la grammaire ; la mise en page de certains passages de la Bible figure aussi parmi ces règles. Ainsi, le cantique de la mer Rouge (Exode, XV, 1-18) que l'on voit ici, qui célèbre l'engloutissement des Égyptiens, fait l'objet d'une disposition particulière. Il est invariablement copié sur trente lignes, en quinconce, qui, d'après le Talmud, évoquent des briques, rappel de la servitude des Hébreux.
 
 

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