Brique circulaire d'un monument
de Gudéa, prince de Lagash
Lagash, vers 2150 av. J.-C..
Argile cuite, diam. 23,6 cm
Musée du Louvre, Antiquités orientales, AO 26671.
© photo RMN/Jean-Gilles Berizzi
Les textes sumériens ne comprennent pas de ponctuation, mais les mots ou les phrases sont emprisonnés dans des lignes (ou cases pour l'époque archaïque).

L'écriture est en grande partie composée de signes-mots ou idéogrammes (LUGAL = roi, BABBAR = brillant ou blanc, KALAG = puissant).
Les signes phonétiques, syllabiques sont surtout réservés à la notation des noms propres et des outils grammaticaux.
Des signes déterminatifs, idéogrammatiques, placés en début ou en fin de mot et ne se lisant pas, existent pour préciser à quelle catégorie générale appartient le concept exprimé : par exemple, DINGIR pour les dieux, MUSEN pour les oiseaux, Ki pour les villes et les contrées...
Ceci a pour origine le fait que, souvent, un même idéogramme peut noter plusieurs sens selon ce que l'on appelle la polyphonie des signes.

Le sumérien, langue agglutinante, comporte des verbes à racine figée : le verbe DU = faire (signe de la cheville en bois). DU est un infinitif ou un participe. Pour le conjuguer, il faut préfixer au verbe diverses bases qui n'ont pas d'autre rôle et n'ont pas de sens en elles-mêmes.
Exemple : MU-DU = il fit, il a été fait.
Le verbe peut exprimer des compléments circonstanciels en incluant, entre le verbe et la racine, toute une série d'infixes. Ainsi MU - NA - DU = il fit pour lui/ MU - NA - Ni - DU = il y fit pour lui. Dans ce dernier cas, DU est écrit DU1 et non DU3 (ou dù).

En effet, dans cette langue largement monosyllabique, il existait un grand nombre d'homophones et donc plusieurs façons d'écrire le même son qui pouvait alors être noté par un signe arbitraire.

 
 

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