Inscriptions oraculaires
Chine, XIIe siècle av. J.-C. (?).
Fragments de plastrons de tortue, 5,4 x 4,5 cm et 2,2 x 2,7 cm
BnF, Manuscrits, Pelliot B 1744, 1 et 13
© Bibliothèque nationale de France
Les vingt-huit petits fragments d'inscriptions sur plastrons de tortues acquis par Paul Pelliot lors de sa mission en Asie centrale et en Chine (1906-1909) proviennent, selon toute vraisemblance, des premières fouilles effectuées à Xiaotun en 1899, sinon en 1904. Les devins cités officiaient sous les règnes de Wuding ou de Zugeng, non encore datés, mais appartenant à la période " tardive " de la dynastie Shang.

Sur le premier fragment, la " craquelure divinatoire " est bien visible, elle est surmontée de la mention [bu] Xuan san, IIIe divination de Xuan ; de l'énoncé ne subsistent que deux caractères : yu (au sens propre " le poisson ", ici toponyme ?) dans une graphie encore très pictographique et Bi, nom d'un chef de tribu du roi Wuding. De l'énoncé d'une autre divination, inscrite en haut et à gauche du même fragment, ne sont lisibles que " divination de Ke " bu Ke.
Le second fragment fait état de la divination de Chu datée du jour guimao.

Certaines graphies très fréquentes font encore l'objet de vives controverses : ainsi, le caractère ding, pictogramme du vase rituel posé sur un trépied, semble prendre le sens verbal de " célébrer un rituel divinatoire " dans les inscriptions tardives de la dynastie Shang, tandis que certains préfèrent continuer à le lire zhen, " interroger l'oracle ". On peut noter un caractère complexe, ming, ici patronyme, composé sémantique constitué par la juxtaposition de deux pictogrammes, ceux de la bouche et de l'oiseau, pour signifier " le chant de l'oiseau ".

 
 

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