Bhagavatapurana
Texte du IXe-Xe siècle
1793.
BnF, Manuscrits, sanscrit 477
© Bibliothèque nationale de France
La lettre om historiée forme la première image de ce manuscrit. C'est encore l'om qui est la première syllabe du texte même, en écriture nagari. Dès les Upanishad anciennes, le son om est considéré comme l'essence de la parole védique, elle-même identifiée au Brahman, c'est-à-dire à l'Absolu, condensé du cosmos.

Cette syllabe sacrée, prononcée au début et à la fin d'une récitation religieuse, commence aussi de nombreux mantras. Elle forme un mantra à elle seule, le mantra suprême, pourrait-on dire. Aussi ouvre-t-elle la plupart des textes des manuscrits hindous. Le om a fait l'objet de multiples spéculations.
Sa prononciation est parfois dite durer quatre instants syllabiques (matra) : trois pour la voyelle longue o, qui résulte de la fusion des deux voyelles brèves a et u, et un pour le m, qui s'achève en une sorte de bourdonnement nasal.
Selon le Gopatha-brahmana, les quatre instants sont successivement rouge, noir, brun et couleur de cristal. Ils sont les sièges respectifs de Brahma, Visnu, Siva (c'est-à-dire la trimurti, les trois divinités suprêmes de l'hindouisme) et de la totalité des dieux.
Dans le présent manuscrit, c'est la représentation historiée du son om qui en procure l'exégèse. Le corps principal de la lettre contient, à droite, Shiva, dans le jambage; à gauche, Brahma, dans la barre horizontale, et Vishnu, sans doute, dans la boucle inférieure ainsi que, semble-t-il, dans la boucle supérieure. Dans le cercle (bindu), qui se situe au-dessus du corps principal, un ascète à quatre bras, divin sans doute, est assis en tailleur sur un lotus.

 
 

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