Trois contes de Gustave Flaubert
La Légende de saint Julien l’Hospitalier
1875-1877.
Manuscrit autographe, 759 f., 41,5 x 26 cm
BnF, Manuscrits, Nouv. acq. fr. 23663, f° 429
© Bibliothèque nationale de France
Saturation de l’espace graphique, accumulation des ratures et des additions marginales, stratifications des corrections interlinéaires, dispersion des signes de renvoi et dislocation des séquences d’écriture, chaos de la mise en page autographe, traitement presque pictural des tracés qui s’étoilent sur le papier et des taches d’encre qui oblitèrent violemment les suppressions… : le feuillet 429 de La Légende de saint Julien l’Hospitalier de Flaubert donne une image explicite des intensités qui se jouent sur une même page de brouillon.
Ici, Flaubert avait à traiter un moment clé du récit : le carnage de centaines d’animaux et la prophétie d’un grand cerf qui va annoncer au jeune héros qu’en punition de sa cruauté il égorgerait un jour ses parents. Le bas du feuillet contient un lapsus calami massivement œdipien ("Maudit, maudit, maudit ! Pour avoir tué des innocents, tu assassineras ton père et ta père").
 
 

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