Linceul
(savan)
Région de Mihailovgrad (Bulgarie du Nord-Ouest), vers 1970 (mission Monette Ribeyrol, 1971).
Toile de coton, 190 x 80 cm
Musée de l'Homme, 71.23.39
Sur ce linceul de forme rectangulaire à décor imprimé sur l'une de ses faces, on distingue trois motifs principaux : à l'intérieur du cercle, le Christ ressuscité s'élevant au-dessus du tombeau, flanqué de trois anges ; le Christ en croix au-dessus de Jérusalem, entouré de la Vierge Marie et de Marie Madeleine (?) ; au pied de la croix figure la tête de mort d'Adam sur les os entrecroisés et les instruments de la Passion se trouvent de part et d'autre d'une échelle double ouverte couronnée du coq. Dans chacun des coins figure un ange.
Tout autour du décor est imprimé en vieux slavon l'inscription suivante, en caractères cyrilliques : " Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel, prends-nous en pitié ". Les autres inscriptions évoquent la compassion de Dieu et l'immortalité de l'âme du pécheur racheté par la mort du Christ.
Ce linceul a été imprimé à l'aide de la planche gardée au monastère de Lopusan et datant des environs de 1900.

Son décor très élaboré comprend des éléments qui ne doivent pas d'habitude figurer sur le linceul (crâne d'Adam, croix et instruments de la Passion).
Le mort est recouvert de la tête aux pieds de ce linceul fait d'un grand drap blanc, parfois passé autour du cou comme une étole. Le prêtre y dessine au charbon de bois les initiales " H I K A " et le crâne surmontant deux fémurs, symbole de la Passion. Pour être séparé du reste du rouleau, ce morceau de tissu n'a pas été coupé avec des ciseaux, mais brûlé avec un cierge.
Habillé de son linceul porteur des lettres divines, le mort est salué et embrassé sur le front et les mains par sa famille. Après ces adieux et la prière du pope, on le transporte au cimetière. On croit que le mort se présente avec son linceul devant Dieu pour le Jugement dernier.

 
 

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