Sorabé, papier malgache
Madagascar, XVIIe siècle.
Papier malgache antemoro, 29 x 31 cm
BnF, Manuscrits, malayo-polynésien 23
© Bibliothèque nationale de France
Les sorabé (littéralement " la grande écriture ") sont des textes malgaches en écriture arabe, dite " arabico-malgache ", copiés sur du papier antemoro (du nom d'une communauté du sud-est de Madagascar), dont la technique de fabrication est attestée depuis le XVIe siècle.

Ce papier est fabriqué à partir de l'écorce de l'arbre havoha, de la même famille que le figuier et le mûrier.
Une phase de cuisson dans une eau additionnée de cendres transforme l'écorce en une bouillie ; pilée dans un mortier de bois, puis étalée sur un tamis de roseaux dont le fond peut être recouvert d'un tissu, cette pâte mise en forme et égouttée est déposée pour le séchage sur une feuille de bananier préalablement enduite d'huile ; la feuille de papier obtenue est enduite d'eau de riz pour l'encoller ; séchée une nouvelle fois, elle est enfin lissée.
Les fibres, très résistantes, sont difficiles à uniformiser, ce qui donne au papier un aspect un peu grossier. Sur l'une des faces du feuillet, on peut voir les traces des fils de tissu, sur l'autre la trace plus lisse de la feuille de bananier.
L'encre noire et reluisante était obtenue par décoction de copeaux du cœur du bois arandranto, à laquelle on ajoutait un peu de couperose.
Les plumes, au bout fendu, étaient taillées dans du voulou, une sorte de bambou. L'ouvrage était conservé dans un étui en vannerie, le sandrif.

Ce papier est encore fabriqué de nos jours de façon traditionnelle à Madagascar.
Cet exemplaire qui consigne des traditions de toutes sortes (recettes médico-magiques, astrologie, théologie, noms de plantes) date du XVIIe siècle et provient certainement du voyage qu'Étienne de Flacourt effectua dans l'île entre 1648 et 1655.

 
 

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