Évangile selon saint Matthieu
Syrie ou Mésopotamie, VIe siècle.
Codex, parchemin, 30 x 25 cm
BnF, Manuscrits, supplément grec 1286, I
© Bibliothèque nationale de France
Sur les cent cinquante feuillets que devait à l'origine compter le Codex Sinopensis, appelé ainsi du nom du port de la mer Noire où il a été découvert à la fin du XIXe siècle, nous ne conservons que quarante-trois feuillets, dont l'état de fraîcheur permet cependant de se faire une assez bonne idée de la richesse du volume originel.

L'Évangile selon saint Matthieu a ici été placé dans un écrin digne de l'importance de ce texte sacré. Le support utilisé est un parchemin sans défaut, soigneusement traité de manière à le rendre fin et souple, et uniformément teint en pourpre, qui est, dans l'Empire byzantin, la couleur du pouvoir.
Le texte grec a été écrit à l'encre d'or, d'une belle onciale régulièrement tracée ; les lettres sont cependant parfois diminuées en fin de ligne pour éviter qu'elles dépassent dans la marge ; les signes diacritiques sont quasiment absents : pas de séparation entre les mots ni de ponctuation, pas d'accent ni d'esprit.

À cinq reprises, le récit est illustré par une miniature, située dans la marge inférieure. Ainsi, le folio 15 montre la seconde multiplication des pains (Matthieu, 15, 32-38) en une composition qui résume toute la scène : Jésus, encadré de deux de ses disciples représentés sous l'aspect de vénérables vieillards, bénit les pains et les poissons qu'ils lui présentent, tandis que la foule s'est installée pour manger ; mais on voit déjà au centre les sept corbeilles remplies des restes du repas.
De part et d'autre de l'image, deux prophètes de l'Ancien Testament, ici David et Moïse, déroulent devant eux le texte de prophéties qui annonçaient l'événement représenté.

 
 

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