Album de calligraphies persanes
ayant appartenu à Navvâb Charaf Khân
Inde, 1652-1653.
Papier non filigrané, 29 x 37,5 cm (ouvert)
BnF, Manuscrits, supplément persan 1955 (11)
© Bibliothèque nationale de France
Ces deux courts poèmes persans, de trois distiques chacun, ne sont pas accompagnés de la mention du nom du poète qui les a composés : celui de gauche évoque le plaisir de boire du vin au lever du jour, celui de droite la tristesse du cœur.

Ils sont calligraphiés en écriture nasta'liq par le calligraphe indien Mir 'Abd-ollâh Hoseyni qui a daté ces deux pages de 1063 de l'hégire (1652-1653 de notre ère). Cet artiste, fort fécond, vivait à la cour du grand moghol Châh Djahân (1628-1658), lui-même poète et amateur de poésie persane. 'Abd-ollâh Hoseyni a copié les poèmes sur de petits feuillets de papier marbré aux tons pastel, une pratique persane et indienne remontant au milieu du XVIe siècle.

Le fond marbré met en valeur les formes arrondies et aériennes du nasta'liq. La feuille de droite, soigneusement lissée et apprêtée (peut-être a-t-on notamment fait usage de blanc d'œuf), a ensuite été sablée d'or : la technique du sablage, apparue en Perse au milieu du XVe siècle, consistait à éparpiller de fines gouttelettes d'or liquide.
Les encadrements ont été réalisés par collage de bandes de papier marbré d'autres types (peigne, corolles, caillouté), de très grande qualité. On sait d'ailleurs que certains ateliers indiens, spécialement au XVIIe siècle au Deccan, jouissaient d'une très grande renommée pour l'excellence de leurs productions.
Quant aux marges à dessin doré, elles pourraient être postérieures.

 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu