Maître de novices

 

 

Il est évidemment indispensable à ceux qui laissent le siècle pour se convertir, d'être initiés avec beaucoup de soin aux splendeurs de leur nouvelle vie, pour qu'ils déposent, comme leur nom l'exige, le vieil homme et méritent d'être appelés "novices". Mais comment cet enseignement pourrait-il être donné par moi ? N'ayant jamais été novice dans notre ordre, je n'ai pu le recevoir des leçons de l'expérience, ni le dispenser aux autres. Certes, je reconnais qu'à une certaine époque j'ai été maître des novices. Mais je n'ai pu instruire suffisamment les novices des règles de mon art, car j'étais sans expérience aucune dans la fonction que j'assumais.
Quoi qu'il en soit, six conditions, à mon avis, sont nécessaires pour mener à bien cette œuvre. (...) La première de ces conditions est la ferveur de la foi ; la seconde la crainte de Dieu ; la troisième l'amour de la sagesse ; la quatrième, le comportement religieux du maître des novices ; la cinquième, sa tendre sollicitude envers les novices ; la sixième, d'amicales et fréquentes conversations avec eux sur des sujets spirituels ou sur les observances régulières. (...)
L'habitude des conversations de bon aloi, sur le mode amical, engendre une sorte d'honnête familiarité qui donne au maître plus d'assurance à reprendre, au novice plus de patience à se laisser former, à l'un et à l'autre plus d'aisance à saisir les saintes Écritures, au novice plus de souplesse dans l'observation de la règle.

     
  Adam de Perseigne, Lettres, lettre V (Éditions du Cerf, "Sources chrétiennes" , p. 113 et 119)



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