Remparts à Saint-Malo
Eugène Isabey (1803-1886), peintre, XIXe siècle.
Paris, Musée du Louvre
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi
Le jeune Chateaubriand se lie d’amitié avec le fils d’un gentilhomme voisin, Joseph Gesril, de 18 mois son aîné. Quoique fort différents de caractère (Gesril est espiègle et extraverti, Chateaubriand mélancolique), ils sont inséparables, la plage de Saint-Malo est un de leur terrain de jeux.
« Un autre jeu, inventé par Gesril, paraissait encore plus dangereux : lorsque la mer était haute et qu’il y avait tempête, la vague, fouettée au pied du château, du côté de la grande grève, jaillissait jusqu’aux grandes tours. À vingt pieds d’élévation au-dessus de la base d’une de ces tours, régnait un parapet en granit, étroit, glissant, incliné, par lequel on communiquait au ravelin qui défendait le fossé : il s’agissait de saisir l’instant entre deux vagues, de franchir l’endroit périlleux avant que le flot se brisât et couvrît la tour. Voici venir une montagne d’eau qui s’avançait en mugissant, laquelle, si vous tardiez d’une minute, pouvait ou vous entraîner, ou vous écraser contre le mur. Pas un de nous ne se refusait à l’aventure, mais j’ai vu des enfants pâlir avant de la tenter. » (Mémoires d’outre-tombe , 1e partie, I)
 
 

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