Assassinat de la rue Morgue
Assassinat de la rue Morgue
La Lettre volée
Assassinat de la rue Morgue
Contes étranges
Edgar Allan Poe (1809-1849), auteur ; Jacques Wely (1873?-1910), illustrateur ; Armand Masson (1857-1920), traducteur, Paris, 1910.
BnF, département de Littérature et Art, 8-Y2-57705 (13)
© Bibliothèque nationale de France
Il semble probable que ces dames ne s'étaient pas aperçues du danger.

Double assassinat dans la rue Morgue d’Edgar Poe est considéré comme le premier récit policier moderne de l’histoire littéraire. Il est publié pour la première fois dans le Graham's Magazine en avril 1841.
Le matelot interrogé par Dupin raconte qu’il est revenu d’un voyage avec un orang-outang. Rentré à Paris, il enferme l’animal dans un cabinet de son appartement, qui une nuit s’en échappe…

« Cependant, le matelot était à la fois joyeux et inquiet. Il avait donc bonne espérance de ressaisir l’animal, qui pouvait difficilement s’échapper de la trappe où il s’était aventuré, et d’où on pouvait lui barrer la fuite. D’un autre côté il y avait lieu d’être fort inquiet de ce qu’il pouvait faire dans la maison. Cette dernière réflexion incita l’homme à se remettre à la poursuite de son fugitif. Il n’est pas difficile pour un marin de grimper à une chaîne de paratonnerre ; mais, quand il fut arrivé à la hauteur de la fenêtre, située assez loin sur sa gauche, il se trouva fort empêché ; tout ce qu’il put faire de mieux fut de se dresser de manière à jeter un coup d’œil dans l’intérieur de la chambre. Mais ce qu’il vit lui fit presque lâcher prise dans l’excès de sa terreur. C’était alors que s’élevaient les horribles cris qui, à travers le silence de la nuit, réveillèrent en sursaut les habitants de la rue Morgue.
Madame l’Espanaye et sa fille, vêtues de leurs toilettes de nuit, étaient sans doute occupées à ranger quelques papiers dans le coffret de fer dont il a été fait mention, et qui avait été traîné au milieu de la chambre. Il était ouvert, et tout son contenu était éparpillé sur le parquet. Les victimes avaient sans doute le dos tourné à la fenêtre ; et, à en juger par le temps qui s’écoula entre l’invasion de la bête et les premiers cris, il est probable qu’elles ne l’aperçurent pas tout de suite. Le claquement du volet a pu être vraisemblablement attribué au vent.
Quand le matelot regarda dans la chambre, le terrible animal avait empoigné madame l’Espanaye par ses cheveux qui étaient épars et qu’elle peignait, et il agitait le rasoir autour de sa figure, en imitant les gestes d’un barbier. »

Edgar Allan Poe, Double assassinat dans la rue Morgue.
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