La Première Guerre mondiale dans L'Illustration : des héros aux victimes
Georges Bertin Scott (1873-1942) : "À la baïonnette"
L'Illustration, journal universel, 26 septembre 1914, p. 224-225. Chromolithographie à partir d'un dessin aquarellé, 39 x 58 cm
BnF, Estampes et photographie, Qe-237-Pet. fol.
© Georges Bertin Scott /D. R.
L'Illustration s'adresse à un public aisé. Depuis la guerre de Crimée au milieu du XIXe siècle, la photographie a renouvelé, à côté du tableau d'histoire, l'iconographie des conflits. La gravure, qui est largement utilisée dans la presse, fait la synthèse entre ces deux modes de représentation. Plus réalistes et sensibles que la peinture d'histoire et moins fragmentaires que la photographie, les gravures de L'Illustration témoignent bien, par leur grande plasticité, des changements de regard portés sur la Grande Guerre. L'idéal guerrier traditionnel est celui qui donne le rôle primordial à l'individu. L'artillerie, dont le rôle fut pourtant essentiel, est occultée au profit des fantassins. Au début du conflit, la scénographie du combat privilégie le mouvement, les charges victorieuses, ordonnées et pleines de panache. Dès 1916, l'héroïsme classique laisse place à une vision plus humaine du poilu, cherchant à survivre dans un univers apocalyptique. Le héros est devenu la victime d'une guerre qu'il endure comme martyr.
 
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