Une représentation désuète (1910)
Photographie du modèle en plâtre La République française, par Charles Bailly, 1910-1912
Tirage format carte postale, annoté de la main de l’artiste
Archives nationales, F/21/4288, dossier 2, M. Bailly
© Bibliothèque nationale de France
« La République souriante montre les chaînes de l’esclavage brisées. Le coq gaulois chante la liberté et la main droite tient une épée, signe de force, appuyée sur les tables des Droits de l’homme ». Telle est la description que fait le sculpteur Charles Bailly de son œuvre, en marge de cette photographie, quand il sollicite en 1910 l’administration des Beaux-Arts pour la commande d’exécution en marbre.
L’accueil est plus que mitigé. L’inspecteur des Beaux-Arts dénonce : « Je ne connais rien de plus pauvre comme exécution, de plus banal comme conception que cette image de La République ». En effet, depuis 1880, le régime s’est affirmé et proclame ses valeurs par l’adoption d’une multitude de symboles qui envahissent la statuaire républicaine. En 1910, le genre est largement consommé et la proposition de Charles Bailly n’est en rien novatrice. Ce n’est plus une République au combat qui brise ses chaînes qui est au goût du jour, mais une République stable et triomphante. L’image même du coq, qui reste assimilé à un animal de basse-cour, n’est plus autant prisée et semble manquer de noblesse. La guerre de 1914-1918 puis l’essor des compétitions sportives vont lui offrir une nouvelle vigueur...
 
 

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