Les tribulations de La République – épisode 2 (1943)
Circulaire de Louis Hautecoeur, secrétaire général des Beaux-Arts au préfet de la Seine, le 12 mai 1943
Archives nationales, F/21/4860, dossier 24, M. Soitoux
© Bibliothèque nationale de France
En octobre 1942, la statue La République de Soitoux est mutilée « par des inconnus » place de l’Institut à Paris. Elle est déposée, par les services de la préfecture de la Seine, pour restauration. La question se pose alors de l’opportunité de procéder à sa réédification. En réponse, le secrétaire général des Beaux-Arts, Louis Hautecoeur, décide en mai 1943 « de surseoir à la remise en place » en vertu de la loi du 13 janvier 1942 qui instaure un dispositif permettant de contrôler la construction de monuments pour la « protection des perspectives et des sites ». Le recours à cette loi, surtout dans le contexte particulier de l’époque, constitue surtout le moyen d’instaurer une censure politique et artistique. En effet, le régime de Vichy abolit le nom officiel de « République française » pour lui substituer celui d’« État français ». La France de Vichy écarte ainsi volontairement une partie de la symbolique républicaine pour la remplacer par celle du maréchal Pétain : portraits, francisque, auxquels s’ajoute la devise « Travail, Famille, Patrie ». La récupération des métaux non ferreux, dont le bronze, composant de nombreuses statues, permet sous couvert des restrictions économiques que connaît le pays ou au nom des exigences de l’Occupant, d’expurger le décor urbain de la statuaire républicaine. Bien qu’en marbre, La République de Soitoux en sera également la victime.
Il faut attendre le 23 septembre 1992, lors de la célébration du bicentenaire de la proclamation de la République, pour que la statue retrouve sa place.
 
 

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