Marianne « star »
Buste de Marianne sous les traits de Catherine Deneuve
Marielle Polska, 1985.
Archives nationales, AE/VIa/354
© Bibliothèque nationale de France
L’image de Marianne est aujourd’hui, pour tout à chacun, associée à la République française. On la retrouve sur les actes officiels, mais aussi désormais dans les champs plus surprenants du dessin publicitaire, de la caricature politique où elle figure la République vertueuse, parfois bafouée ou trahie. Elle représente en effet l’idéal républicain, en principe parfait, et une personne physique ne peut donc en théorie l’incarner. On se doute que derrière les visages des « Marianne » sculptées, gravées ou peintes qui se sont succédées depuis le XIXe siècle se cachaient des modèles vivants, mais toujours restés anonymes.
Un tournant est pris quand l’illustrateur et sculpteur Alain Aslan prend pour modèle l’actrice Brigitte Bardot en 1969. Depuis cette initiative, qui a déclenché de vifs débats, d’autres personnalités du monde du cinéma, de la mode ou du spectacle ont prêté leurs traits à Marianne : la chanteuse Mireille Mathieu, l’actrice Catherine Deneuve et, plus récemment, le mannequin de mode Lætitia Casta, ou l’actrice Sophie Marceau, pour ne citer que quelques exemples.
Moins polémique que Brigitte Bardot, Catherine Deneuve en Marianne permet de renouer avec les critères du genre allégorique : d’une beauté classique, grave sans être austère, le bonnet phrygien rendu discret par l’ondulation de la chevelure. Son choix s’impose à la suite d’un sondage d’opinion mettant en concurrence huit célébrités féminines. Un concours est ensuite lancé, auprès de vingt-quatre artistes. Un jury, présidé par l’actrice, choisit l’œuvre de Marielle Polska. Depuis, l’Association des maires de France s’est emparée de ce type de concours, faisant du choix des « Marianne » une véritable institution municipale.
Cependant, ce n’est plus tant la République française qui est représentée que l’image d’une France qui se veut belle, jeune et talentueuse. Pour reprendre les termes de l’historien Maurice Agulhon devant la « starisation » de Marianne : « Marianne comme allégorie de la République n’est plus ».
 
 

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