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l'aventure du livre

Illustration et texte imprimé

par Michel Melot

L'imprimerie de l'image

L'image connut son imprimerie bien avant le texte, dans des gravures sur bois imprimées dès le VIIIe siècle en Chine, et au début du XVe siècle en France. Dans ce qu'on nomme livres xylographiques, les images sont gravées avec les textes dans la même plaque de bois,  et donc imprimés ensemble. Les images reprenaient parfois  les motifs des dessins qu'on retrouve dans des enluminures peintes. Imprimerie et miniatures furent  alors en concurrence au point de provoquer des procès entre les enlumineurs et les graveurs et imprimeurs dont les images imprimées se vendaient bien moins cher. Leur répertoire était aussi moins savant que celui des livres manuscrits : il comprenait surtout des livres de morale comme L'Art de mourir, des calendriers, des vies de saints et histoires légendaires. L'invention des caractères mobiles consacra l'hégémonie du texte. L'illustration à la main était contraire à l'économie de l'édition et l'imprimerie condamnait les gravures sur métal (en creux) à demeurer hors-texte, puisqu'elles devaient être tirées sur des presses différentes de celle des caractères mobiles (en relief). Elle rendait difficile la cohabitation des images gravées en relief sur des plaques de bois avec l'impression des caractères rigoureusement calibrés. Elle marque le début d'une distinction entre le savoir empirique ou imaginaire des illustrations, et le savoir intellectuel ou spirituel de l'écriture. Le concept d'illustration naquit de cette ségrégation qui fait de l'image un accessoire au service du texte, son complément ou son ornement.



Encyclopédies

Les traités savants ne furent illustrés que tardivement, lorsque l'image fut créditée d'un accès à la connaissance qu'on ne reconnut longtemps qu'aux textes sacrés. Le Liber Floridus, encyclopédie composée par un moine de l'abbaye de Saint Omer vers 1120, est peut-être le premier livre à introduire des observations naturalistes dans des images essentiellement symboliques. L'illustration documentaire au sens moderne du terme ne trouva son expression qu'au milieu du XIIIe siècle avec des traités comme celui du franciscain Barthélémy l'Anglais, intitulé De Proprietatibus rerum.  Signe de la sécularisation des savoirs, Charles V le fit à la fois illustrer et traduire en langue vulgaire sous le titre De la Propriété des choses.  A partir du XVIe siècle, l'illustration accompagne les grands ouvrages savants dans des domaines où les connaissances sont largement descriptives : médecine avec le De Humani corporis fabrica de Vésale (1543), atlas, géographies et livres de voyages, sciences naturelles.  Avec les progrès de l'imprimerie, l'illustration se rend indispensable dans les livres de vulgarisation, comme Le Spectacle de la nature huit volumes de l'abbé Pluche qui connurent un grand succès en 1732.


 

L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert  marque le triomphe de l'image scientifique : alors que deux volumes de planches avaient été prévus, il en fallu douze publiés entre 1762 et 1772. Le premier dictionnaire illustré de Larousse parut en 1879, et le premier Petit Larousse illustré en 1906, avec 5 800 gravures.



Livres d'emblèmes

Alors que l’image devenait un moyen indispensable d’accès aux connaissances scientifiques, texte et l’image se disputèrent le terrain des livres et s’y associèrent. Naquirent à partir du XVIe siècle des ‘dictionnaires’ d’images, iconologies, allégories, physiognomonies, dans lesquelles les images sont enregistrées et traitées comme des mots. L’Iconologie de Cesare Ripa  (1593) fut la bible des peintres jusqu’au XIXee siècle. La mode des emblèmes, ou des devises est particulièrement significative de ce besoin contradictoire ou complémentaire d’une écriture qui associerait indissolublement images et texte, que l’imprimerie avait dissociées. Dans l’Art des devises (1666), le Père Le Moyne, veut corriger « le besoin qu’a la figure de descendre du général au spécifique et du matériel au formel, par le moyen des paroles qui l’arrêtent à une signification particulière. » Autrement dit, fixer une fois pour toutes le sens des images comme celui des mots. Il faut d’un même coup, contrôler la frivole image par le texte studieux, mais aussi colorer l’abstraction de l’écrit par la vie des images. Tel était le double sens de l’adage emprunté par les humanistes à la Poétique d’Horace : Ut pictura poesis, qui visait à rendre la poésie pittoresque, mais qui signifia vite qu’il fallait élever la peinture au rang de la poésie et les peintres à celui des poètes. Les illustrations, souvent accompagnées de longs commentaires, doivent se donner à lire plutôt qu’à voir.

Légendes et titres

Auprès de chaque illustration on trouve généralement une légende, c’est-à-dire ‘ce qu’il faut lire’ pour comprendre l’image. La légende peut être une simple identification ou un long commentaire mais il est rare que l’illustration en soit dépourvue, surtout dans le livre imprimé où l’impression des images est distincte de celle de la lettre, qui a ses propres graveurs. Au XVIIe siècle, l’illustration est rare dans les livres et se limite souvent à un frontispice au début de l’ouvrage. Le titre fait alors office de légende. Au XVIIIe siècle, lorsque les illustrations envahissent les romans, leurs légendes sont directement extraites  du passage correspondant dans le texte, ou, à l’exemple de ce que fit Jean-Jacques Rousseau pour la suite d’illustrations, publiée à part, de sa Julie ou la Nouvelle Héloïse, la légende est un texte différent,  adapté à  l’image. Cette indépendance de la légende trouva son expression dans les œuvres symbolistes, tels les recueils de lithographies d’Odilon Redon, dont la poésie mystérieuse enchanta Mallarmé. Le décalage d’une légende énigmatique qui projette l’image dans le rêve  fut exploité comme un procédé littéraire par les surréalistes, notamment Max Ernst dans ses recueils de collages, et systématisé par certains illustrateurs modernes comme Ted Baxter. Dans le domaine de l’image documentaire, la légende est indispensable pour préciser l’image, et se traduit en mots-clés issus de thesaurus normalisés ou en ‘tags’ spontanés postés par les auteurs.



L'illustration romantique

Les techniques industrielles d’imprimerie développées en Angleterre d’abord puis en France à la fin du XVIIIe siècle, ouvrent à l’édition un nouveau public avide d’images, tant pour l’instruction que pour la distraction. Dans la première catégorie, la gravure sur bois de bout (plus résistante que le bois ‘de fil’ utilisé depuis le Moyen-Age) permit à  l’Anglais Thomas Bewick, de tirer à 1500 exemplaires  A History of Quadrupeds (1790), abondamment illustrée. Dans la seconde, la lithographie (1796) et l’eau-forte sur acier fournissent des milliers d’images à des livres de demi-luxe destinés à une nouvelle bourgeoisie, comme le  Paul et Virginie de l’éditeur Curmer tiré à 30 000 exemplaires (mais il n’en vendra que 6 000) ou le Gil Blas de l’éditeur Paulin avec ses 580 vignettes. La lithographie permet aussi d’illustrer la presse. Le Charivari, fut, en 1832, le premier quotidien à proposer une image nouvelle chaque jour, où Daumier, Grandville et Gavarni se rendirent populaires. Apparaissent alors les revues éducatives : en Angleterre The Penny magazine (1832) suivi en France par Le Magasin pittoresque  (1833), les magazines hebdomadaires d’actualité The Illustrated London news (1842) imité l’année suivante en France par L’Illustration. C’est alors que l’on put entreprendre l’illustration de grandes séries documentaires comme Les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France de Taylor et Nodier (1820 – 1878),  littéraires comme la Comédie humaine de Balzac, chez Furne en 1841, qui ont fait dire à Baudelaire que son époque avait le culte des images.




Illustration et pédagogie

L’éducation par l’image eut à vaincre bien des préjugés. Pour les enseignants, l’image a toujours été synonyme de paresse et de vulgarité. L’image est réputée indocile parce que d’interprétation plus libre que l’écrit, d’abord plus sensuel qu’intellectuel. L’image n’était tolérée que dans des livres de géographie, de médecine ou de jardinage.  Cette façon ‘d’enseigner à des taupes’ comme dit encore Anatole France au début du XXe siècle, fut de moins en moins supportable à mesure que les connaissances devenaient plus empiriques. En 1658 le pédagogue tchèque Comenius brisa le tabou en publiant son Orbis sensualium pictus, une méthode de lecture par l’image. Il fut suivi par le philosophe anglais John Locke (1693), puis par Jean-Jacques Rousseau, Johann-Heinrich Pestalozzi (1746 – 1827) et le pasteur alsacien Jean-Frédéric Oberlin (1740 – 1826) qui mit au point toutes sortes de jeux et de cartes pour l’enseignement. En 1833, Henri Martin publia sa première Histoire de France avec des figures, qui fit date ainsi que l’Histoire des peintres de toutes les écoles de Charles Blanc en 14 volumes (1861 – 1876).



Au XIXe siècle l'illustration éducative était reléguée dans les images d'Epinal à qui le ministre de l'éducation de Napoléon III, Victor Duruy, commanda des planches pour les écoles, en même temps qu'il faisait entrer l'image dans le matériel pédagogique avec un Atlas (1840) et une Histoire grecque illustrée en 1851. Le Musée pédagogique, dans les années 1920, eut encore à se battre pour intégrer la photographie et le cinéma dans les écoles.





Livres pour enfants

La littérature enfantine fut toujours un domaine de prédilection pour les illustrateurs. Elle fut cependant tardive car elle supposait qu'on portât attention à la personne de l'enfant ce qui ne fut guère le cas avant le XVIIIe siècle. On la voit apparaître en Angleterre avec les Fables d'Esope en 1692, à l'époque où pédagogues et philosophes font sa place au sensualisme. Robinson Crusoë, Tom Pouce et Les Voyages de Gulliver fournirent un premier et inusable répertoire. En France, les premières éditions et le premier manuscrit même des Contes de ma mère l'oye, de Charles Perrault, sont déjà illustrées en 1697.
Au XIXe siècle, la Comtesse de Ségur nourrit pour l'éditeur Hachette la Bibliothèque rose  de jolis petits volumes illustrés par Gustave Doré ou Bertall, et l'autre grand éditeur, Hetzel, faisait illustrer avec succès  les romans de Jules Verne. Les Anglais demeurèrent maîtres en ce domaine jusqu'à la fin du XIXe siècle, avec les charmants dessins aquarellés de Kate Greenaway, Beatrix Potter ou Arthur Rackham. Les  Allemands, avec Wilhelm Busch, et les Américains se firent aussi une spécialité de l'illustration pour enfants. Aujourd'hui, les illustrateurs pour enfants comme Pef ou Tomi Ungerer, sont devenus des vedettes de l'édition, où le secteur de la littérature enfantine est l'un des plus dynamiques.  Il doit ce succès à l'intégration presque obligée d'une image inventive, intimement liée au texte, jouant avec lui une partie qu'elle gagne souvent.




Albums

Un album est un livre aux feuilles vierges (alba = blanc) qui permet d'y coller des images ou d'y récolter des textes manuscrits. Le livre, conçu pour l'écriture, est inhospitalier à l'image. Le texte s'écoule d'une page à l'autre, la fragmentation des mots et la succession des lignes font partie de son principe. Les images en revanche sont des unités qu'on ne peut scinder, aussi s'intègrent-elles mal dans le flux du texte. Comme des bancs de sable dans un fleuve, elles interrompent le récit et sont elles-mêmes coupées parfois par le pli de la double-page. L'espace naturel de l'image est un cadre, celui des stèles, des affiches, des tableaux et des écrans. C'est  l'écriture alors qui doit s'arrêter aux marges du cadre qu'elle ne peut transgresser.  Pour réduire ces incompatibilités, l'illustration a eu recours à des ruses, par exemple des dépliants panoramiques, des suites de planches ajoutées aux livres de bibliophilie pour rendre aux images leur indépendance, ou la bande dessinée ou l'album, qui a la forme d'un livre mais qui ne sert que de support à des images indépendantes les unes des autres. Les collectionneurs d'estampes et de dessins constituèrent des albums sur le modèle des livres.  Le collectionneur Michel de Marolles, avait collé ses estampes dans des albums qui, achetés par Louis XIV, en 1666, formèrent le noyau du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France.



Au XIXe siècle, chaque salon mondain avait son album, où les familiers étaient invités à laisser un dessin ou un poème, comme dans les ‘livres d’or’, couverts de signatures. Les enfants aiment constituer des albums d’imagettes et les albums accueillent les photographies de famille.

Bibliophilie

La bibliophilie est aussi vieille que le livre et sa tradition est inséparable du livre illustré car c’est souvent l’illustration qui fait du livre un objet précieux digne d’être collectionné. Les livres richement enluminés pour les princes du XVe siècle, ducs de Bourgogne, d’Anjou ou de Berry sont demeurés célèbres,  mais c’est à l’heure de l’imprimerie et de l’industrialisation du livre que la bibliophilie devint un secteur particulier de l’économie du livre et un véritable ‘marqueur social’. Les grands in-folio imprimés par Didot à la fin du XVIIIe siècle, époque à laquelle se constituent des sociétés de bibliophiles, les grands textes classiques finement illustrés par Charles-Nicolas Cochin signalent l’accès à la culture de riches bourgeois. Les Contes de La Fontaine édités en 1762 pour les Fermiers généraux (banquiers de l’époque) en deux  petits volumes ornés de vignettes d’Eisen, atteint le sommet du raffinement. La bibliophilie, de plus en plus accessible, devint à la période romantique une mode et parfois même une folie. L’industrialisation de l’image provoqua sous le Second Empire une réaction destinée à protéger des œuvres conçues pour leur rareté et leur caractère précieux, riches donc en illustrations d’artistes. Depuis le début du XXe siècle de nombreux éditeurs, comme Maeght ou Skira, se sont spécialisés dans les livres luxueux accompagnés d’estampes originales ou même d’œuvres  en exemplaires uniques pour distinguer les tirages de tête destinés à des amateurs choisis.

Bandes dessinées

La prolifération des illustrations dans la presse associée aux procédés modernes issus de la lithographie devait nécessairement aboutir à des essais de récits entièrement en images, ancêtres de l’image animée. On attribue au pédagogue et pasteur suisse Rodolphe Töpffer la primeur, dans les années 1830, de la bande dessinée avec ses albums griffonés des aventures burlesques de M. Jabot ou de M. Vieuxbois. Ils connurent aussitôt le succès et furent imités en France comme en Allemagne. Mais c’est aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle, que la bande dessinée moderne prit son essor dans les magazines illustrés populaires, dénués de toute prétention éducative, avec Richer Outcault et son Yellow Kid (1896), qui inspira en France les Pieds nickelés de Louis Forton (1908) dans le journal L’Epatant. Les éditeurs français résistèrent à la pratique, jugée vulgaire, de ‘la bulle’ pour garder le texte sagement inscrit sous les images comme dans La Famille Fenouillard de Christophe (1889), ou encore dans Becassine  de Pinchon (1905). L’art de la bande dessinée fut le berceau des premiers dessins animés avec, en France, les animaux rieurs de Benjamin Rabier ou, en Amérique, l’œuvre fantastique de Winsor Mc Cay, Little Nemo in Slumberland, (1905) et avec  la souris Ignaz, ancêtre de Mickey, né en 1928 et élevé dans les ateliers de Walt Disney. 

La bande dessinée est devenue un 'huitième art' célébré par les intellectuels inquiets du succès des Mangas, ces livres japonais presque idéographiques qui marquent le triomphe de la BD et une nouvelle conquête de l'image sur le texte.

Le livre illustré par la photographie

Dès l’invention de la photographie en 1839, on se soucia d’en illustrer les livres. Ce qu’avait cherché Niépce d’ailleurs était un procédé de photogravure qui aurait permis d’imprimer les images.  Hélas le daguerréotype, exemplaire unique sur métal,  ne s’y prêtait guère. Cependant dès 1842 parut le recueil des Excursions daguerriennes  du physicien Hippolyte Fizeau dans lequel on les premières impressions d’une plaque ‘photogravée’. L’invention simultanée du calotype (négatif qu’on pouvait tirer sur papier) par l’Anglais  William Henry Fox Talbot offrait une autre voie, pour des livres dans lesquels on collait des épreuves photographiques, ce qu’il fit pour son Pencil of Nature publié de 1844 à 1846. Aucun de ces procédés ne pouvait être industrialisé et l’on chercha longtemps la manière de graver des plaques pour l’imprimerie. Les tentatives furent très nombreuses, parfois remarquable par leur qualité (phototypie, héliogravure) mais fragiles ou capricieuses. La mise au point des trames, dans les années 1880, ouvrit la voie à la photogravure, liée à l’imprimerie de l’offset, dérivée de la lithographie et aux perfectionnements de la photographie. Dès lors, la photographie non seulement envahit l’illustration des livres scientifiques (archéologie, botanique…)  ou de fiction, mais permit surtout l’essor de la presse illustrée avec la similigravure et la mise au point du cliché instantané en 1884 et l’apparition des agences de presse après 1904. En 1882, Charles Cros, pour une plaquette sur son ami Edouard Manet, imprima la première reproduction en couleurs.



Les livres d'artistes

On appelle livre d’artiste un livre dont le support, la structure et la forme font du livre une œuvre  plastique à part entière. Le poème de Mallarmé Un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1897) peut être considéré comme un prototype dans la mesure où son format, sa typographie et sa mise en page participent, par la volonté de l’artiste, de la création poétique elle-même. Tous les livres illustrés ne sont pas des ‘livres d’artistes’ lorsqu’ils se contentent d’associer un texte à des gravures originales. Les artistes modernes, en inventant des livres en forme de boîtes (Marcel Duchamp) ou de dépliants (La Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars et Sonia Delaunay, 1913) ont inauguré un genre qui connaît depuis des développements considérables chez les artistes plasticiens. Ils peuvent par exemple considérer leurs carnets de croquis ou des ensembles de feuillets comme des livres aboutis. Ils peuvent utiliser la séquence des cahiers ou leur organisation interne pour organiser des suites de mots ou de photographies qui font du livre un espace aux qualités particulières.  Ils peuvent aussi faire subir au livre des traitements divers : livres découpés, scarifiés, brûlés, collés ou emballés, jusqu’à ces sculptures en forme de livre qu’on appelle ‘livres objets’. Ils peuvent  jouer sur le format, le pliage, la reliure ou la matière : livres en bois, en métal et même en fourrure.  A la mode depuis les années 1980, le livre d’artiste demeure un des secteurs les plus inventifs de l’art contemporain.



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