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l'aventure du livre

L'illustration

L’invention d’une écriture phonétique à Sumer vers 3.300 av. J.-C. et son achèvement par l’alphabet grec  au VIIe siècle av. J.-C. avait exclu tout élément imagé de l’écriture qu’on trouve encore dans les hiéroglyphes ou les pictogrammes. Nous avons hérité de cette conception d’une écriture aux signes abstraits et conventionnels, distincts de l’image qui garde toujours un rapport sensible et souvent figuratif avec ce qu’elle veut représenter. L’illustration est née de ce divorce. L’écriture cependant reste un procédé graphique, comme le dessin. Ecriture et image se sont séparés mais demeurent liés l’un à l’autre : dans toute écriture il y a un tracé qui est une sorte d’image. Ainsi notre signature est-elle, comme les sceaux et les monogrammes, une écriture qui se comporte comme une image. D’un autre côté, l’image intègre toujours, pour être comprise, une part de conventions visuelles qui l’apparente à une écriture. Une carte de géographie, par exemple, est un mélange de caractères et de figures. Ces associations de textes et d’images  ont donné naissance à d’innombrables combinaisons qu’on peut regrouper sous le terme d’illustrations. Le mot illustratio apparaît à la fin du Moyen-Âge avec un sens religieux de ‘lumière apportée par Dieu pour éclairer le monde’. Au XVIe siècle, il est appliqué aux personnes illustres, c’est-à-dire ‘exemplaires’ comme dans : L’Illustration de la langue française. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle, sous l’influence anglaise, à l’époque où l’image commence à se répandre dans les livres, qu’il acquit le sens d’images accompagnant un texte.