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l'aventure du livre

Les Incunables : livres imprimés au XVe siècle

Par Nicolas Petit

Les incunables

 
Au début du XVIe siècle, toute l'Europe occidentale est touchée par l'imprimerie. Près de 150 villes européennes ont produit avant 1501 des premiers livres imprimés que l'on appelle les incunables.

Qu’est-ce qu’un incunable ?

Le terme désigne un livre imprimé sous la presse à l’aide de caractères mobiles fondus en métal, entre l’invention de l’imprimerie et la fin du XVe siècle, c’est-à-dire jusqu’au 31 décembre 1500 inclus. Le mot « incunable » vient d’un terme savant (incunabulum = en latin berceau, sous-entendu de l’imprimerie) apparu en principe en 1640 sous la plume de Bernhard von Mallinckrodt, partisan de la naissance de l’invention à Mayence. On vient de découvrir qu’il conviendrait de le faire remonter à Hadrianus Junius dans une édition de 1588 posthume et dont la rédaction remonterait à 1563…
Cette date de 1500 est totalement arbitraire. Entre les années 1501 et 1530 environ, on peut parler de "post-incunables" pour des éditions, souvent sans lieu ni date, qui conservent l’aspect de plaquettes gothiques. Cette appellation se répand surtout dans la seconde partie du XVIIIe siècle, quand les érudits et "antiquaires" commencent à s’intéresser aux "premiers monuments de la typographie".
On entend par incunable français un livre imprimé dans les frontières de la France actuelle, à l’exclusion de l’Alsace (surtout Strasbourg, mais aussi Haguenau), région totalement germanique à l’époque. En revanche, on y inclut par convention la Suisse romande (principalement Genève, mais aussi Lausanne, Rougemont ou Sion). Il serait légitime d’inclure également Bruges la flamande, dont la faible production de 42 éditions inclut de nombreuses éditions princeps de textes en français.
Environ 30 % seulement des éditions françaises sont imprimées en français, la grande majorité (70 %) étant imprimée en latin.

 

Quelques chiffres et estimations

Depuis assez longtemps, la production totale d’incunables est estimée autour de 30 000 à 32 000 éditions du XVe siècle conservées. Selon les chiffres de l’Incunabula Short Title Catalog, dit ISTC (http://istc.bl.uk/), au 16 avril 2010, sur 30 350 éditions répertoriées, on recense 10 523 éditions italiennes (35 % du total), 10 437 éditions germaniques (34 %), 5 387 éditions françaises (18 %), 2 374 des Pays-Bas (8 %), 1 052 espagnoles (3 %), 412 anglaises (1 %), les derniers pays représentant à eux tous moins de 1 % du total (Bohême et Moravie, 64 éditions, Portugal, 47, Scandinavie, 24, Pologne, 18, Balkans, 6, enfin Hongrie, 5 éditions). La France est donc, derrière l’Allemagne et l’Italie qui font quasiment jeu égal, le troisième pays producteur d’incunables avec un peu moins d’un cinquième du total. À nouveau d’après l’ISTC, au 8 octobre 2010, on dénombre – en pointant de cinq ans en cinq ans – quatre éditions différentes en 1455, trois ou quatre en 1460, huit en 1465, 199 en 1470, 729 en 1475, 907 en 1480, 954 en 1485, 1 506 en 1490, 1 673 en 1495, 2 800 en 1500… soit une croissance presque exponentielle à partir de 1470-1475, une quinzaine d’années à peine après la mise au point du nouveau procédé.
 

À quoi ressemble un incunable ?

Un incunable ressemble au livre médiéval manuscrit. D’où son aspect compact : il a fallu un certain temps aux imprimeurs pour inventer la page de titre mettant en avant le nom de l’auteur et le titre de l’œuvre, pour hiérarchiser l’information contenant le lieu d’impression, le nom et l’adresse de l’atelier ou la marque typographique de l’imprimeur-libraire

Une nouvelle organisation du livre

Progressivement vont apparaître les éléments permettant au lecteur de se repérer facilement dans l’ouvrage, tels la pagination ou la foliotation, les titres courants, le découpage en livres ou chapitres distincts, parfois l’illustration… Avec des avancées et parfois des reculs, selon les régions et les ateliers, tous ces éléments sont mis en place vers 1540 seulement. Les caractères utilisés restent les lettres gothiques, longtemps prédominantes pour les textes religieux, et les textes comportent de nombreuses abréviations. Progressivement, ils cèdent la place, selon les particularités locales, aux caractères dits "bâtards", plutôt réservés en France aux textes imprimés en langue vernaculaire (c’est-à-dire en français), ou bien aux caractères romains, proches de ceux que nous connaissons aujourd'hui, mis en valeur par les humanistes en Italie notamment.
L’aspect visuel du livre se fixe aux alentours des années 1530 à 1550. Les caractères grecs apparaissent, surtout en Italie, mais sont assez difficiles à reproduire pour les imprimeurs. Quant à l’hébreu, il est au XVe siècle réservé à de rares productions confessionnelles, établies dans les péninsules italienne (Naples, Rome, Brescia, Bologne, Mantoue, Soncino, Piove di Sacco) ou ibérique (Leiria, Hijar, Lisbonne).

La part de l'illustration

Dès le Psautier de Mayence en 1457, sont introduites des lettres ornées de couleurs et gravées. Albrecht Pfister, prototypographe (premier imprimeur) de Bamberg est le premier à imprimer des livres en langue vulgaire (en haut allemand, hochdeutsch) et à illustrer la majorité de ses éditions avec des gravures sur bois, montrant ainsi qu’il ne s'adresse pas au seul public latiniste et lettré, clientèle des livres liturgiques, bibliques ou juridiques publiés jusqu’alors.

En France, l’illustration naît aux frontières du royaume : à Genève comme à Lyon, les imprimeurs, moins tournés vers la culture savante que ceux de Paris, n’hésitent pas à produire très tôt des livres de littérature "populaire" en français, imprimés en caractères "bâtards", et à les illustrer. Ainsi, l’édition du Livre de Mélusine de Jean d’Arras (fin du XIVesiècle) publiée à Genève par Adam Steinschaber en août 1478 est à la fois la première édition imprimée de ce texte, la première édition illustrée genevoise – et la deuxième impression dans cette ville – et l’un des deux premiers textes en français à comporter des illustrations, avec un Mirouer de la redempcion de lumain lygnage, achevé d’imprimer à Lyon par Martin Huss le 26 août 1478.



Il est orné d’un cycle de 63 grandes gravures au style très simple proche de la caricature, prolongeant l’art des fabricants de jeux de cartes : un trait d’épaisseur constante délimite les personnages ; les éléments d’architecture ou les paysages, présents seulement lorsqu’ils sont utiles à la compréhension de l’histoire, sont réduits à la plus simple expression. Cet exemplaire, l’un des six connus au monde, est comme la plupart rehaussé par un coloriage fait à la main, très probablement dans l’atelier de l’imprimeur : une gamme très limitée de couleurs posées en larges aplats, vert tendre, violet, jaune, rouge orangé et bistre, vient mettre en valeur la netteté du trait sans jamais la brouiller.
Les deux centres francophones de Lyon et de Genève étaient à l’époque en rivalité pour le marché du livre illustré : c’est donc à Bâle la germanique et non à Genève que Martin Huss, le premier imprimeur lyonnais qui songe à illustrer ses livres, vient chercher des bois gravés pour illustrer à son tour une Histoire de la belle Mélusine, non datée mais sans doute produite vers 1479 (exemplaire unique entré en 2009 à la BnF) –  les bois de cette édition provenant d’une version allemande de Melusina, imprimée dans cette ville vers 1474-1476.

Quels textes imprime-t-on ?

Toute nouvelle technologie permet à la fois la sauvegarde d’un corpus antérieur, le tri entre des œuvres qui passent d’un support à un autre (ici, du manuscrit à l’imprimé) et d’autres qui ne bénéficent pas de ce transfert et se trouvent peu à peu rejetées dans l’oubli, et l’apparition de nouvelles œuvres. Des milliers de textes manuscrits ne connaîtront pas de nouvelle diffusion, car ils ne seront jamais – ou seulement très tard – livrés à l’impression, alors que d’autres, jusqu’alors peu diffusés, deviendront de véritables "best-sellers" avec l’imprimerie. D’autres enfin jettent leurs derniers feux à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, alors que leur gloire déclinante est comme épuisée par quelques éditions incunables, qui suffisent à assécher le marché pour des décennies voire des siècles. Quarante-quatre éditions entre 1459 et 1500 du copieux Rationale divinorum officiorum de Guillaume Durand, évêque de Mende au XIIIe siècle, traité déjà riche d’une longue tradition manuscrite, seront encore suivies de cinquante-trois au XVIe siècle, mais seulement de huit au XVIIe siècle. Enfin, de nouveaux auteurs, contemporains de l’imprimerie, prennent assez rapidement la mesure de l’intérêt de ce nouveau mode de diffusion : l’humanisme est en marche.
L'imprimerie va tenter de répondre à la demande de textes, diffuser d'abord des textes connus depuis l'Antiquité. Mais elle va permettre que se développe une édition de textes originaux, souvent en langue vulgaire et non plus en latin. Ouvrages pédagogiques, livres de prières, petits opuscules vont fleurir en nombre mais aussi quelques ouvrages d'exceptions présentés au roi par de grands libraires.
 

Édition princeps et édition originale

L’édition princeps est la première édition imprimée d’un texte dont la rédaction remonte souvent à plusieurs siècles : toute la littérature de l’Antiquité classique, grecque ou latine, et du Moyen Âge depuis saint Augustin jusqu’aux scolastiques et à la devotio moderna ou aux recueils juridiques… Une œuvre de Cicéron, d’Aristote ou d’Euclide ne peut faire l’objet que d’une édition princeps. Quant à l’édition originale, c’est la première édition d’un texte du vivant de son auteur. Bernhard von Breydenbach (1454-1497) et son fameux Voyage en Terre Sainte réalisé en 1483 et imprimé à Mayence dès 1486, accompagné de spectaculaires vues de villes, Sebastian Brant (1458-1521), auteur d’une célèbre Nef des fous (Das Narrenschiff, Bâle, 1497, illustré par Albrecht Dürer), ou Josse Bade (1462-1535), éditeur et imprimeur humaniste, auteur d’une Nef des folles (Paris, 1500), sont parmi les premiers à pouvoir conjuguer une mise en page déterminée avec la "mise en texte" de leur édition originale au temps des incunables.
 

Le développement de l'édition universitaire à Paris

Le premier livre imprimé dans le royaume de France – excluant bien entendu Strasbourg, alors en terre d’Empire – est aujourd’hui connu à moins d’une quinzaine d’exemplaires, dont plusieurs comportent un encadrement peint à la main et des lettres ornées dans le style parisien. Composé de 118 feuillets de vingt-deux lignes à la page, à longues lignes laissant des marges blanches assez larges, l’ouvrage ne comporte ni foliotation ni titres courants. Il est imprimé sur un papier petit in-quarto inhabituellement fort et épais. Son aspect particulier est dû au choix d’un caractère romain rond d’assez gros corps, très lisible et fort différent de la lettre de forme gothique en usage à Paris et dans l’Université : même les ligatures de lettres et les abréviations se résolvent sans difficulté. Originaire de Constance (Bade-Wurtemberg), Ulrich Gering est l’un des trois imprimeurs d’origine germanique, avec Michael Friburger et Martin Cranz, venus introduire l’art de l’imprimerie en France, à l’appel de deux membres du collège de Sorbonne, Guillaume Fichet et Jean Heynlin. Ils créent alors l’atelier de la Sorbonne et leur choix, pour le premier ouvrage sorti de leur atelier, est celui de l’édition princeps d’un modèle d’art épistolaire rédigé en latin par un humaniste italien, Gasparin de Bergame ou Gasparino Barzizza (vers 1370 - 1431), et de caractères romains inspirés de ceux de Subiaco et de Rome.
Le livre s'achève sur un fier colophon de huit vers latins, dont voici la traduction :
"De même que le soleil répand partout la lumière, ainsi Paris, capitale du royaume et nourricière des Muses, tu verses la science sur le monde. Reçois donc en récompense cet art d’écrire presque divin qu’inventa l’Allemagne. Voici les premiers livres produits par cette industrie sur la terre de France et dans tes propres murs. Les maîtres Michel, Ulrich et Martin les ont imprimés et ils en feront d’autres."

Il s’agit clairement de dresser un programme pédagogique et non de répondre à des besoins commerciaux : les deux promoteurs établissent eux-mêmes les textes qu’ils font imprimer, qu’il s’agisse d’œuvres humanistes (les Elegantiæ de Lorenzo Valla ou la Rhétorique de Guillaume Fichet) ou de classiques de l’Antiquité latine comme Cicéron, Salluste, Valère Maxime, Perse ou Juvénal.
Vingt-deux éditions voient le jour dans l’atelier de la Sorbonne de 1470 à 1472, avant le départ de Fichet pour l’Italie et le déménagement de l’atelier dans la toute proche rue Saint-Jacques – qui devient ainsi, pour cinq siècles, le lieu de l’édition universitaire et scolaire. L’adoption d’une enseigne, "au Soleil d’or", marque l’entrée de l’atelier dans le monde des réalités commerciales de la rue Saint-Jacques, où il est rejoint dès 1473 par des ateliers concurrents. En tout, les trois imprimeurs allemands associés sont responsables jusqu’en 1478 de 53 éditions conservées, avant le départ de Crantz et de Friburger. Ulrich Gering reste à Paris et continue à y publier, seul ou en association, jusqu’en 1508.
Après les ateliers du "Soufflet vert", bien des officines parisiennes prospèrent auprès de la soixantaine de collèges du quartier de l’Université et y trouvent un public de proximité : Félix Baligault, Antoine Denidel, Étienne Jehannot, Guy Marchant, Antoine Caillaut et plusieurs autres se spécialisent parfois exclusivement dans la production de brèves plaquettes, de manuels élémentaires et de courts extraits d’auteurs classiques (Cicéron, Ovide, Aristote représenté par des condensés de sa philosophie) ou de philosophie scolastique et de théologie morale (des textes attribués, souvent à tort, à saint Augustin ou à Jean Gerson). Tout ceci est destiné à un public captif, celui des étudiants ès arts, perpétuant un enseignement médiéval fondé sur le ressassement et l’argumentation (disputatio) plus que sur une réflexion originale.

Les livres d’heures : une spécialité parisienne

Les livres d’heures, ouvrages de dévotion destinés à un usage privé, connurent plus de 500 éditions différentes entre 1470 et 1500. Assez vite, cela devint une spécialité parisienne entre les mains d’une dizaine d’imprimeurs-libraires publiant des éditions, soit générales au monde catholique (heures à l’usage de Rome), soit adaptées par leur calendrier et l’ajout de quelques saints locaux à l’usage de dizaines de diocèses différents, de France ou de l’étranger. Paris, héritier d’une florissante tradition de copies manuscrites et illustrées, démontre rapidement un savoir-faire inégalable dans la production semi-industrielle de ces livres de petit format largement illustrés. C’est grâce à une habileté rapidement reconnue dans leur illustration, mêlant parfois bois gravés (pour les illustrations de petite taille ou pour les bordures formant encadrement) et illustrations sur métal à fond criblé (pour des grandes scènes récurrentes : Annonciation, Visitation, Crucifixion, Bethsabée au bain, homme anatomique…), que Paris devient le principal acteur de ce marché, permettant à des imprimeurs comme Philippe Pigouchet, Ulrich Gering et Berthold Rembolt ou Thielmann Kerver de multiplier les éditions pour des libraires importants comme Antoine Vérard, les frères Enguilbert, Jean et Geoffroy de Marnef ou Simon Vostre.

Les plaquettes "gothiques" :

Le développement de l'imprimerie voit fleurir quantité d’éditions bon marché en français. Ces minces brochures, appelées au XIXe siècle "plaquettes gothiques", ont un format réduit (in-4° ou parfois in-8°), et sont le plus souvent en vers, qu’il s’agisse de farces, de soties et facéties, complaintes, doctrinaux, "dits" ou débats, mais aussi d'abrégés de romans de chevalerie ou de vies de saints que les fidèles se procurent à l’occasion d’un pèlerinage. Elles constituent un marché peu coûteux à fabriquer et d’écoulement facile. C’est le cas des six feuillets de la Vie de sainte Geneviève – ou plutôt La vie ma dame saincte geneuiefue –, que l’on peut dater avant le 22 décembre 1493 d’après l’état de la marque de l’imprimeur, le Parisien Jean Trepperel, à qui sa veuve succède en 1511, et qui était l’un des plus actifs imprimeurs spécialisés dans ce domaine des éditions à diffusion populaire. Geneviève, devenue à la fois la protectrice de la ville de Paris et de la dynastie royale, faisait l’objet d’une grande dévotion qui alla s’accentuant avec le rayonnement de la capitale.
De tels opuscules sont parfois ornés de quelques bois gravés rarement conçus pour s’adapter au texte qu’ils viennent égayer. Très souvent dépourvus de date et de nom d’imprimeur, ils offrent un aspect codifié remarquablement stable des années 1490 aux années 1530 : de format modeste, en langue vernaculaire (français), ils sont imprimés avec des caractères "bâtards", ni gothiques ni romains. Lus jusqu’à tomber en lambeaux, ces ouvrages populaires ont été victimes de leur succès puis d’une longue désaffection : bien des éditions ne sont plus connues que par un seul exemplaire, et sans doute nombre d’autres ont totalement disparu.

Occasionnels et propagande : les débuts de l’information

En France, ce sont les guerres d’Italie (1494-1559) qui ont suscité la première floraison de pièces d’actualité que l’on nomme "occasionnels", apportant à un vaste public les dernières nouvelles – à une époque où ni la presse périodique ni le journalisme n’existaient. Ces petites publications où se mêlent information, récit aventureux et propagande royale sont largement diffusées à partir de Lyon, la première ville sur le chemin de l’Italie, de Paris ou de Rouen. Ainsi le Traicté de la paix faicte entre le Treschrestien Roy de france et le Roy dangleterre donne en six feuillets le texte du traité conclu à Étaples, le 3 novembre 1492, entre le roi de France Charles VIII (1470-1498) et Henri VII d’Angleterre (1483-1509) et est suivi de la mention de sa proclamation à Rouen. L’exemplaire provient d’un recueil factice composé de dix occasionnels concernant les guerres d’Italie, qui a dû être anciennement constitué en Normandie. L’impression est attribuable à Jacques Le Forestier, de Rouen,  après le 2 janvier 1493.
Situé à la frontière ténue entre astronomie et astrologie, entre occasionnel et propagande, cet autre opuscule de six feuillets intitulé La Prophécie, vision et révélation divine de la prospérité et victoire du trescrestien roy de France Charles VIII est signé d’un certain Jean Michel, qui s’intitule lui-même "très pauvre et humble mendiant", mais que l’on a parfois identifié avec le médecin personnel du roi Charles VIII. Sans doute contemporain des premières victoires du roi de France en Italie, vers 1495, le texte lui promet un destin éclatant. L’imprimeur n’a pas jugé bon de signer une publication considérée alors comme mineure, mais aujourd’hui recherchée car rarissime. L’atelier, certainement lyonnais, d’où est issue cette prophétie, est difficile à identifier. Il s'agit peut-être de Matthias Huss, éditeur d’origine wurtembourgeoise en activité à Lyon entre 1482 et 1500. L’exemplaire, unique, provient de la riche bibliothèque de Jean-Pierre Imbert Chastre de Cangé, acquise en bloc par la Bibliothèque du Roi en 1733.
A côté de ces éditions éphémères, de ces fascicules largement diffusés, existaient aussi des éditions rares. De livres d'exceptions.
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