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l'aventure du livre

Le livre à l'ère industrielle

par Ève Netchine

Le livre illustré

Les innovations techniques renforcent la place de l'illustration dans le livre. Reproduite hors-texte ou intégrée dans la mise en pages, l'image investit l'édition scientifique et technique autant que la littérature. Les livres destinés à la jeunesse, romans de la comtesse de Ségur ou de Jules Verne, paraissent, richement illustrés.
La révolution de l'illustration au XIXe siècle est incontestablement dominée par Gustave Doré qui va donner à cet art ses lettres de noblesse, même s'il est précédé par d'illustres artistes, comme Gavarni, Grandville ou Tony Johannot qui adopte en France la technique de bois de bout.


La gravure sur bois de bout, c'est-à-dire sur des blocs de bois sciés perpendiculairement aux fibres, gravure en relief très fine permettant de revenir à l'impression simultanée de l'image et du texte, opère un véritable changement dans la page. L'image, intégrée à la typographie, peut jouer, dialoguer avec le texte. Les vignettes ont perdu leur cadre classique et semblent projetées sur la page blanche, témoignant d'une liberté nouvelle.
L'image remplit désormais les pages des publications populaires qui se multiplient. Romans, feuilletons et périodiques sont illustrés de scènes significatives de l'histoire, destinées à inciter à la lecture, alors que le texte est souvent en petits caractères. L'arrivée de la photographie et de ses procédés dérivés, comme la photogravure, facilite la présence de l'image dans les ouvrages imprimés, tout en changeant son statut. Censée reproduire exactement la réalité, elle remplit dès lors un rôle informatif, tandis que dessins et gravures, regardés comme une expression personnelle, donc subjective, vont occuper essentiellement le champ artistique du livre.


 
De grands artistes se mettent au service de l'édition. Gustave Doré est le plus prolifique d'entre eux : en une trentaine d’années, il exécute près de dix mille illustrations pour l’édition. Ses dessins gravés sur bois donnent vie aux grands textes de la littérature : Les Fables de La Fontaine, les Contes de Perrault, mais aussi : Pantagruel de Rabelais, Don Quichotte de Cervantès ou La Divine Comédie de Dante…
 
Bénéficiant des progrès techniques de la quadrichromie, l'anglais Arthur Rackham restitue les nuances de l’aquarelle dans un graphisme au trait fin et complexe. Ses illustrations charment et impressionnent par leur grâce, leur étrangeté non dépourvue d’humour et  leur fascinante beauté.
 

La photographie

La photographie, nouvellement inventée, envahit l'édition dès les années 1850. Des tirages originaux sont collés dans les premiers albums publiés. La photographie exige en effet un papier spécial. Elle n'entrera dans le processus d'imprimerie vers 1880 qu'au terme de longues recherches qui aboutiront à la photogravure.

 

Vulgarisation scientifique

Les ouvrages de vulgarisation scientifique et technique se multiplient grâce à la qualité des illustrations qui contribuent à les rendre intelligibles. L'Astronomie populaire (1879), écrit par Camille Flammarion, est un des grands succès de la maison fondée par son frère Ernest en 1874.

Évolution des formes du livre

Les progrès techniques permettent l'évolution des formats du livre. Une des grandes nouveautés du siècle est l'album. Le nom désigne d'abord des recueils de lithographies rassemblant caricatures, paysages, portraits ou monuments, avant de s'appliquer aux ouvrages de grands formats, largement illustrés et destinés aux enfants.
L'illustration et la photographie s'installent sur la couverture des livres.
À partir des années 1920, les maisons d'édition s'attachent les services de graphistes professionnels qui créent l'identité visuelle de leurs collections, en jouant sur et avec la typographie et l'illustration des couvertures.
Les conséquences des évolutions techniques de la reproduction de l'image sur l'évolution de la page sont particulièrement visibles dans le cas particulier de l'Histoire du roi de Bohême.
 

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