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l'aventure du livre

Le livre des Lumières entre classicisme et modernité

par Michèle Sacquin

Un lectorat en augmentation

L’élargissement du lectorat va de pair avec le développement de l’alphabétisation. En dépit du retard sur les pays protestants qui n’est pas rattrapé, on constate une forte progression au XVIIIe siècle. On arrive au chiffre global de 35 % d’alphabétisés à la veille de la Révolution, avec toujours un retard des zones rurales sur les villes et du Sud sur le Nord.

Développement de l'alphabétisation

En 1780, selon une estimation faite d’après les signatures de testaments, 85,5 % d’hommes et 64 % de femmes savent signer à Paris. D’après l'historien Roger Chartier, le pourcentage d’alphabétisés passe de 29 à 47 % pour les hommes et de 14 à 27 % pour les femmes entre 1690 et 1790.
Par ailleurs, les inventaires après décès signalent plus de livres qu’au siècle précédent.
Ces chiffres cachent de fortes disparités. Il faut distinguer plusieurs types de lecteurs.
Le lectorat savant constitue la République des lettres qui s’est développée au siècle précédent à travers les correspondances puis grâce aux académies. Au XVIIIe siècle, le réseau des académies de province se développe en même temps que se multiplient les sociétés savantes. Ces lecteurs triés sur le volet bénéficient de l’ouverture des bibliothèques royales et princières.
Il faut lui adjoindre, sans qu’il s’en distingue toujours nettement, un lectorat cultivé dont la croissance est attestée par l’augmentation du volume moyen des bibliothèques privées, le succès des cabinets et sociétés de lecture, le développement des salons, des cafés et des clubs à la mode anglaise. Enfin le lectorat dit "populaire" n’est pas négligeable. Les lecteurs les plus modestes se fournissent auprès des colporteurs ou des loueurs de livres, en ville, qui découpent parfois les livres en cahiers pour plus de profit, ainsi qu’en témoigne Louis-Sébastien Mercier. Le succès de la Bibliothèque bleue et des almanachs est croissant. En outre, de nombreux débits de boissons permettent la lecture de journaux et libelles.
 



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