l'aventure du livre

Parabole de William Faulkner

Jean Guérin, 1er octobre 1958 
 
Nous sommes au printemps de 1918, sur le front français, en pleine mutinerie triomphante. Il a suffit pour paralyser la guerre de l’action patiente, forte et douce d’un caporal et des treize hommes qui l’ont suivi. Or ce caporal se trouve avoir pour père le vieux maréchal qui s’apprête à mettre à mort les coupables. Ce qu’il fait d’ailleurs, après avoir tenté de sauver son fils. Non, le fils refuse : il sera fusillé entre deux assassins, non sans avoir souffert la trahison d’un de ses disciples, le reniement d’un autre disciple et même une curieuse Cène. Plus tard, son cadavre disparaîtra. On voit tout de suite de quoi il s’agit.

Reste la ressource de lire Parabole bêtement, sans y rien comprendre. Alors le lecteur retrouve Faulkner avec son admirable don d'évocation, son amour de l'homme patient, modeste, opprimé – de l'homme, et des animaux : la merveilleuse histoire d'un cheval de course volé, dont un pasteur noir et un palefrenier anglais tentent de protéger la dignité, fait heureusement oublier le bon Dieu, Jésus-Christ, Judas, la guerre et le reste.

Extrait de L’œil de la nrf, cent livres pour un siècle, choix des textes et présentation par Louis Chevaillier, Gallimard, Folio, 2009, p. 186.

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