Michel le Savoyard ou la Probité, suivi d'autres épisodes
Librairie des bons livres
Martial Ardant frères ; René de Mont-Louis, France, 1853.
BnF, Réserve des livres rares, Rés. p. Z. 2379 (196)
© Bibliothèque nationale de France
En imposant à chaque commune l'entretien d'une école primaire, la loi Guizot de 1833 ouvre de nouveaux marchés à l'édition, celui des manuels scolaires, bien sûr, mais également celui des livres de prix. Certes la distribution en fin d'année scolaire de livres de récompense n'est pas un phénomène nouveau, mais elle se cantonnait jusque-là aux collèges et aux institutions privées jouant entre elles de concurrence. Le doublement du nombre d'enfants scolarisés dans l'instruction primaire sous la monarchie de Juillet offre aux éditeurs l'occasion de proposer un produit nouveau, un livre beau autant que bon, publié à fort tirage et à faible coût, attrayant dans son habillage doré et coloré et qui se révèle être hautement standardisé. Les éditeurs catholiques de province sont les premiers à s'emparer du créneau : Lefort à Lille, Mégard à Rouen, Barbou et Ardant à Limoges, Mame à Tours. Fondée en 1837 sur l'héritage de l'imprimerie paternelle, la société Martial Ardant frères se spécialise dans le livre de prix et de prière, produisant quotidiennement 3 000 volumes dans les années 1840. La principale collection de cette "Librairie des bons livres" est la "Bibliothèque religieuse, morale, littéraire pour l'enfance et la jeunesse, publiée avec l'approbation de Mgr l'archevêque de Bordeaux, dirigée par M. l'abbé Rousier, directeur de l'œuvre des Bons livres, aumônier du Lycée de Limoges". Aux côtés de Berquin et du chanoine Schmid, les auteurs les plus prolifiques de la maison sont René d'Isle, A. E. de Saintes (alias Alexis Eymery) et René de Mont-Louis (pseudonyme de Charles Farine), qui composent des récits édifiants aux titres éloquents, tel Michel le Savoyard ou la Probité. Imprimé en gros caractères avec un large interligne, orné d'un frontispice et d'un titre gravé, le présent volume est vendu dans un riche cartonnage de papier doré et gaufré agrémenté d'un médaillon lithographié et colorié qui représente un petit Savoyard jouant du triangle. C'est en réaction à cette production, qu'il qualifie de "tisane littéraire" sortie "du laboratoire d'un confiseur" (préface à la réédition de Jean-Paul Choppart, 1868), que Pierre-Jules Hetzel construit son catalogue pour la jeunesse. (C. P.)
 
 

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