Recueil Trepperel : Le Grant Voiage et Pelerinage de saincte Caquette et autres pièces
Jean Trepperel, Paris, 1504-1525.
Textes imprimés et illustrés, In-folio, 32 volumes.
BnF, Rés. m. Yf. 149
© Bibliothèque nationale de France
De la fin du XVe siècle jusqu’aux années 1540, les pièces de théâtre paraissaient sous la forme de minces plaquettes allongées, étroites et hautes, imprimées à la hâte en caractères gothiques d’après des versions peu fiables et jamais revues, parfois illustrées au titre d’un bois en rapport plus ou moins lointain avec le texte. Les quelques centaines de pièces connues ne donnent qu’une faible idée de l’intense activité théâtrale de cette période. Celles qui nous sont parvenues, à un seul exemplaire en général, sont le plus souvent regroupées en recueils, anciennement constitués, qui fournissent parfois des éléments de datation ou d’identification. Ainsi celui qu’on appelle depuis 1935 le Recueil Trepperel comprenait-il trente-cinq pièces qui, à l’exception d’une seule, sortaient toutes d’un même atelier typographique parisien, l’officine de Jean Trepperel, mort avant 1511, puis de sa veuve, associée à son gendre jusque vers 1522, ce qui permet de situer leur parution entre 1504 et 1525. Le recueil a pu être étudié en 1935 dans sa reliure d’origine, en veau brun à décor de roulettes, mais il était brisé et réduit à trente-deux pièces quand la Bibliothèque nationale l’acquit en 1974.
Sa composition illustre la diversité des genres : à côté de seize sotties, on y trouve cinq farces, deux sermons joyeux, un dialogue, une bergerie politique, une revue de collège et sept moralités. La plupart de ces textes sont indatables par le contenu ou par l’écriture et appartiennent à un fonds souvent joué et modifié. Rares sont les pièces strictement contemporaines, telle la Sotie nouvelle […] des sotz ecclesiastiques qui jouent leurs benefices au content, qui fait allusion à l’assemblée du clergé tenue à Lyon en 1511, ou Le Grant Voiage et Pelerinage de saincte Caquette, présenté ici. Cette farce, où la satire traditionnelle du bavardage des femmes se mêle à celle du trafic des reliques et à la parodie du pèlerinage, fut composée entre 1516 et 1517, d’après le nom des médecins caennais cités, et vraisemblablement jouée dans un des collèges de Caen par ou pour les étudiants en médecine. Il est à noter que Rabelais et ses condisciples interprétèrent à Montpellier une farce du même ordre, la Morale Comedie de la femme mute. (G. G.-C.)
 
 

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