Prise et Réduction de Naples et autres fortes places
Jacques Le Forestier, Rouen, après le 20 février 1495.
Textes imprimés et illustrés, In-4o
BnF, Rés. 4o Lb28. 1 (6)
© Bibliothèque nationale de France
Avec les guerres d’Italie, les pièces d’actualité connurent en France une diffusion considérable, sans commune mesure avec les décennies précédentes. Le royaume entier, toutes classes sociales confondues, ou presque, pouvait avoir accès aux dernières nouvelles, même si les délais d’acheminement du courrier depuis l’Italie leur enlevaient quelque fraîcheur. Les succès remportés, dans les premiers temps tout au moins, permettaient au roi, dans la mesure où ils étaient portés à la connaissance d’un large public, de mieux faire accepter les lourdes charges financières entraînées par la guerre. Soucieux de faire valoir ses droits, d’ailleurs réels, sur le royaume de Naples, passé à la mort de la reine Jeanne, en 1435, des Angevins aux Aragonais, Charles VIII entreprit dès la mort du roi Ferdinand Ier d’Aragon une expédition militaire qui devait lui faire traverser toute la Péninsule. Parti de Turin en septembre 1494, il arriva enfin à proximité de Naples en février 1495. Les derniers jours furent marqués par la prise de Monte San Giovanni et l’avancée victorieuse du roi par Capoue et Aversa, comme le retracent les cinq lettres qu’il adressa à son beau-frère, Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, lieutenant général du royaume, les 9, 11, 12, 14 et 20 février. À leur tour les lecteurs de ces lettres devaient revivre, en haletant, chaque étape de cette chevauchée et savourer le succès final. Ces petites brochures, où se mêlaient intimement aventure, information et propagande, furent largement diffusées à partir des principaux centres français d’imprimerie, Paris, Lyon et Rouen, mais, rançon de l’actualité, disparurent très rapidement. De chacune des quatre éditions actuellement connues de ce texte, deux rouennaises et deux parisiennes, il ne reste qu’un seul exemplaire. La Prise et Réduction de Naples, imprimée à Rouen par Jacques Le Forestier, avait été reliée avec neuf autres pièces traitant des guerres d’Italie dans un recueil constitué sans doute de bonne heure en Normandie, si l’on en juge d’après la prédominance des éditions rouennaises. Il n’est cependant identifié pour la première fois qu’en 1834, dans la bibliothèque du collectionneur anglais Richard Heber, d’où il passa directement à Jean-Louis-Antoine Coste, le bibliophile lyonnais qui possédait aussi la Chirurgie de Guy de Chauliac. (D. H.)
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu