Historia naturalis
Pline l’Ancien ; Jean de Spire, Venise, 1469.
Textes imprimés et illustrés
In-folio, 2 volumes. Édition princeps. Historique : armes peintes de Peter Ugelheimer; Bibliothèque Vaticane ; saisi en 1797
BnF, Réserve des livres rares, Rés. Vélins 493-494
© Bibliothèque nationale de France
Encyclopédie plutôt qu’histoire naturelle au sens strict du terme, l’Historia naturalis de Pline porte non seulement sur l’ornithologie, la zoologie et la botanique, mais traite encore de bien d’autres matières : cosmologie et géographie, anthropologie et médecine, agriculture et minéralogie, philosophie et histoire, lettres et arts. Vingt mille faits extraits de deux mille auteurs y auraient été compilés. Pendant tout le Moyen Âge elle resta la principale source de renseignements sur les connaissances des Anciens et plus d’un auteur y puisa. Qu’elle ait compté parmi les tout premiers textes imprimés n’a donc rien d’étonnant.
Jean de Spire, en qui il faut sans doute voir l’orfèvre Hans von Spyre attesté à Mayence en 1460-1461, séjourna à Venise bien avant d’y installer en 1468 un premier atelier typographique. Son exercice fut toutefois bref : après avoir publié en 1469 à deux reprises les Epistolæ ad familiares de Cicéron, puis l’édition princeps de Pline, il mourut brusquement, comme il ressort du colophon du saint Augustin dont il avait commencé l’impression et que son frère Wendelin acheva en 1470. Quant à son Pline, il reproduit tel quel le texte corrompu du manuscrit qui avait servi de copie à l’imprimeur. Il fut donc rapidement supplanté par l’édition établie par Giovanni Andrea Bussi et imprimée en 1470 par Konrad Sweynheym et Arnold Pannartz à Rome.
Orné de grandes initiales à rinceaux dits bianchi girari, l’exemplaire sur vélin ici exposé comporte au premier feuillet un encadrement de feuilles stylisées sur fond d’or, de facture bien différente et ajouté sans doute ultérieurement à l’intention de Peter Ugelheimer, dont les armes figurent au bas de la page. Issu d’une famille de marchands de Francfort et marchand lui-même, Ugelheimer s’installa à Venise en 1467 où, tout en poursuivant son négoce, il tenait l’auberge Saint-Georges ou de la Trinité, dite aussi la Deutsche Haus. À côté de son compatriote Johannes Rauchfass, il s’associa en 1473 en tant que bailleur de fonds avec l’imprimeur Nicolas Jenson et devint aussi membre du consortium que ce dernier créa en 1480 avec ses concurrents Jean de Cologne et Johannes Manthen. De plusieurs éditions qu’il avait financées, Ugelheimer obtint de somptueux exemplaires sur vélin enluminés par les meilleurs artistes, tel Girolamo da Cremona, et recouverts de remarquables reliures à décor islamique. Jean de Spire aurait-il également bénéficié de son mécénat ? (U. B.)
 
 

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