Meditationes seu Contemplationes devotissimae
Juan de Torquemada ; Johannes Neumeister, Albi, 1481.
Textes imprimés et illustrés. In-4o..Troisième édition. Trente-trois gravures sur métal en relief. Historique : célestins d’Avignon; acquis dans la première moitié du XIXe siècle.
© Bibliothèque nationale de France
Né en 1388 à Valladolid, le dominicain Juan de Torquemada (oncle du célèbre inquisiteur) compta parmi les hommes d’Église les plus influents de son temps. En 1439 il reçut le chapeau de cardinal, en 1455 il fut nommé abbé commendataire de Santa Scolastica à Subiaco, près de Rome, monastère qui abrita le premier atelier typographique de la Péninsule. C’est toutefois à l’imprimeur romain Ulrich Han que Torquemada confia en 1467 l’impression de ses Meditationes sur la vie de Jésus. Premier livre illustré italien, l’édition comporte trente et une gravures sur bois copiées sur les fresques que le cardinal avait commandées pour le cloître de l’église Santa Maria sopra Minerva, dont il était titulaire. Les illustrations de l’édition d’Albi, dont c’est ici un des trois exemplaires connus, sont à leur tour des copies réduites de ces bois, mais elles sont exécutées selon une autre technique, la gravure sur métal en relief. L’une d’entre elles reproduit un curieux arbre généalogique à l’image de l’arbre de Jessé. Saint Dominique, couché dans l’attitude de la méditation, est accompagné de ses attributs : une étoile, une branche de lis et un chien serrant une torche allumée dans sa gueule. De son corps sortent les multiples branches sur lesquelles s’étagent des dominicains qui ont illustré l’ordre. Comme la gravure sur bois, la gravure sur métal en relief pouvait être tirée en même temps que la composition typographique et se prêtait donc aisément à l’illustration du livre imprimé. Elle est cependant rarement employée : en Allemagne, essentiellement par quelques imprimeurs de Cologne et de Leipzig, en France, surtout dans certains livres d’heures parisiens. Imprimeur itinérant, Neumeister avait exercé à partir de 1470 à Foligno en Italie, puis à Mayence, où en 1479 il s’était servi des mêmes plaques gravées pour une première édition des Meditationes. Après son passage à Albi, il s’établit vers 1482-1483 à Lyon. Il se peut qu’il ait déjà utilisé la gravure sur métal à une date antérieure. On lui attribue en effet une suite gravée sur ce support représentant la Passion du Christ et accompagnée de prières, dont on recense six éditions en allemand et une en italien, le plus souvent sous forme de fragments. La plus ancienne des premières daterait d’avant 1462 et il n’est pas exclu qu’elle soit antérieure aux livres illustrés d’Albrecht Pfister. Quant à la version italienne, elle a pu précéder l’édition romaine des Meditationes. (U. B.)
 
 

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