Le Miroir historial en français
Vincent de Beauvais, 1257-1258.
BnF, Manuscrit Français 316, f°1
© Bibliothèque nationale de France
Vers 1257-1258, Vincent de Beauvais, lecteur à l’abbaye de Royaumont achève son Speculum majus ou Grand Miroir avec le soutien moral de Louis IX. Cette encyclopédie en latin à l’usage des clercs qui, de nos jours, dit l’auteur ou les auteurs, « ne savent plus rien », est divisée en trois parties :
- Speculum naturale : qui décrit la Création selon l’ordre des 6 jours ;
- Speculum doctrinale : ou Miroir des sciences selon le modèle d’ordonnancement du savoir d’Hugues de Saint-Victor ;
- Speculum historiale ou Miroir de l’Histoire : Histoire universelle du Salut humain depuis la Création jusqu’à la fin des temps.
On connaît plus de 1400 manuscrits de ce texte.
En 1330, la reine Jeanne de Bourgogne petite-fille de saint Louis fait traduire le Speculum historiale en français, par Jean de Vignay. Il deviendra le Miroir historial, une lecture, non plus pour des clercs, mais à l’usage de laïcs. On le trouvera dans bon nombre de bibliothèques de l’aristocratie de la fin du Moyen Âge.
Le présent manuscrit est l’exemplaire de dédicace, soit celui qui a été offert à la reine.
Au f. 1, saint Louis auréolé portant un manteau fleurdelysé, invite Vincent de Beauvais à rédiger son Miroir. La partie supérieure de sa cathèdre lui sert de bibliothèque, pour rappeler sans doute que le Speculum majus a aussi pour sous-titre la « Bibliothèque du monde », et que Louis IX avait donné une sorte de sauf-conduit à Vincent de Beauvais lui permettant d’avoir accès à toutes le bibliothèques du royaume.
A droite, Jeanne de Bourgogne invite le traducteur Jean de Vignay à mettre l’œuvre en français, ce qui est figuré sur l’enluminure par deux pupitres et par deux volumes. Sur le fond en damier, on remarque les armes de Bourgogne.
La page est parsemée de grotesques, dont l’une présente de manière ironique un miroir à la reine.
 
 

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