La Méthode curative des playes et fractures de la teste humaine. Avec les pourtraits des instruments nécessaires pour la curation d’icelles.
Ambroise Paré, Paris.
Paris : Jean Le Royer, 28 février 1561 In-8o
Édition originale. Soixante-quatorze bois gravés. Exemplaire réglé et colorié Reliure de parchemin souple aux armes royales peintes, XVIe siècle
BnF, Rés. 8oTe67. 2
© Bibliothèque nationale de France
D’origine modeste, Ambroise Paré gravit peu à peu les échelons de la réussite, de simple apprenti barbier chirurgien au titre de premier chirurgien du roi, reçu le 1er janvier 1562. Sa réputation, gagnée sur les champs de bataille par ses nombreuses interventions et sa recherche de nouvelles méthodes, tels la ligature des artères et l’abandon de la cautérisation à l’huile bouillante, fut accrue par sa capacité à rédiger des traités à la fois novateurs et agréables à lire grâce à leur style vivant et à une illustration toujours appropriée au texte. Les plaies à la tête, comme celle qui valut au duc de Guise le surnom de Balafré, étaient courantes dans les combats du temps et l’intérêt porté à leur description et à leur traitement fut encore accentué par la mort de Henri II. Frappé à l’oeil d’un coup de lance, il survécut onze jours, entouré des médecins et chirurgiens royaux, dont Paré, et en présence d’André Vésale, médecin personnel du roi d’Espagne, qui l’avait envoyé de Bruxelles. Dans l’épître dédicatoire de la Méthode curative, adressée à Jean Chapelain, premier médecin du roi, Paré rappelle que Chapelain lui demanda quelquefois son avis, ce qui exclut bien tout soin direct du chirurgien malgré la légende qui se créa par la suite de Paré penché sur le roi. Cette longue attente au chevet du roi laissa à son entourage le temps d’étudier les plaies à la tête, allant jusqu’à se faire remettre des têtes de criminels, décapités à cet effet. Peu après, médecins et chirurgiens s’interrogeaient à nouveau face à un roi mourant : devant l’état de François II, atteint d’un abcès au cerveau, Paré fut de ceux qui envisagèrent la trépanation.
Paré, qui voulait faire oeuvre pédagogique auprès des élèves chirurgiens, veilla toujours à la qualité de ses éditions et à la réalisation de leurs gravures. Aussi s’adressa-t-il en 1561 à Jean Le Royer, un imprimeur qui était lui-même graveur. Si les figures sur bois de la partie anatomique de la Méthode curative sont empruntées à Vésale, les bois représentant des instruments de chirurgie illustrent ses propres inventions, qu’il ne cessa de perfectionner. L’exemplaire présenté ici, rehaussé de couleurs, porte une reliure peinte aux armes royales; la modestie de cette technique, dont on ne connaît pas d’autre cas pour Charles IX, surprend un peu : l’exemplaire pouvait-il être destiné au médecin du roi plutôt qu’à un roi enfant ? Quoi qu’il en soit, il entra fort tôt dans les collections de la Bibliothèque royale. (G. G.-C.)
 
 

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