À l’issue d’un comité de lecture
1954.
© Archives Éditions Gallimard/DR
De gauche à droite : Georges Lambrichs, Michel Foucault et Philippe Sollers
« Ce sont de bien curieuses réunions. Benjamin Crémieux, barbe noire qui semble disposée pour qu’y picorent les oiseaux napolitains, (vague et zélé) ; Fernandez professoral et familier, chaussettes blanches, cravate tricotée et œil mi-doux mi-espiègle : un collégien qui lorgne l’Académie. Gide quelquefois, très modeste et craignant de nous imposer quoi que ce soit. Un charmant vieux Monsieur qui s’appelle Grœthuysen, germanisant, très doux, la chemise sortant des pantalons, une vieille cigarette éteinte (genre avant-guerre ou premières tranchées, cigarette d’époque) au coin d’une lèvre qui se dérobe sous une moustache qui « à la barbe se mélange », bottines montantes, chaussettes descendantes. Paulhan qui est un arbre robuste – (mais sous l’écorce chante un petit oiseau), c’est sa voix non muée, son homosexualité – qui se désole de n’être pas reçue chez elle-même, chez lui-même – qui font des trilles – (bottines, costume gris Samaritaine, mais cravate rouge de poète d’après-guerre). Malraux, mèche rejetée souvent en arrière, front génial, œil noir. D’ailleurs il est GÉNIAL au sens précis du mot.
Les secrétaires de Gallimard l’un blond, l’autre brun, l’un chrétien et l’autre juif (Boudot-Lamotte et Seeligmann), sont les acolytes de ces solennités. Et moi, j’y fais de mon mieux pour parler des livres et des auteurs, etc.
Gallimard préside. » Maurice Sachs à Yvon Belaval, décembre 1934.
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu