Du côté de chez Swann
Marcel Proust.
Brouillon autographe, 1 cahier, 140 f. 21,5 x 17,5 cm.
BnF, département des Manuscrits, NAF 16652
© Bibliothèque nationale de France
Ce cahier, rédigé en 1909, renferme une évocation de Combray, notamment la promenade du côté de Guermantes, en longeant les rives de la Vivonne. À l'endroit où le courant de la rivière s'était ralenti, des petits étangs s'étaient formés et « ça et là à la surface, rougissait comme une fraise une fleur de nymphéa au cœur écarlate, blanc sur les bords. Plus loin, les fleurs plus nombreuses étaient plus pâles, moins lisses, plus grenues, plus plissées, et disposées par le hasard en des enroulements gracieux, faisaient flotter à la dérive, comme après l'effeuillement mélancolique d'une fête galante des guirlandes dénouées de roses mousseuses. »
Ce passage semble nettement inspiré par la série des Nymphéas de Claude Monet, exposés à la galerie Durand-Ruel, en novembre 1900, où Proust put les voir, comme il le rappellera dans une lettre à Madame Straus d'avril 1908 : « Et du reste je n'en ai jamais revu depuis le jour où j'avais été avec vous chez Durand-Ruel voir les admirables Nymphéas. » (Kolb, VIII, 96)
 
 

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