Les Aventures de Jean-Paul Choppart
Louis Desnoyers, illustré par Honoré Daumier
BnF, Littérature et Art, Y2-26877
© Bibliothèque nationale de France
Publiées en feuilleton à partir de juillet 1832 dans le Journal des enfans, les "aventures" ou "mésaventures" de cet enfant turbulent, âgé de neuf ans et demi, paraissent dans le premier numéro sous le titre Les Illusions maternelles, transformé en Les Aventures de Jean-Paul Choppart dès la deuxième livraison. L'histoire éditoriale de l'œuvre de Louis Desnoyers (1802-1868) est retracée par Francis Marcoin dans ses différentes analyses consacrées à ce premier "roman-feuilleton" ou, plus exactement, "feuilleton-roman" pour la jeunesse. Aubert, Bernardin-Béchet, Hetzel, pour ne citer que quelques-uns des éditeurs du XIXe siècle, vont contribuer à une très large diffusion de ce texte, avec des illustrations signées par Grandville, Hector Giacomelli, Cham et Honoré Daumier.
Appartenant à une famille de la bourgeoisie normande, Jean-Paul se révèle un enfant paresseux, gourmand, insolent, hargneux et sournois. À sa laideur morale s'ajoute une apparence physique qui ne plaide guère en sa faveur : Jean-Paul louche, a une verrue sur le bas du nez, des genoux cagneux, des cheveux toujours ébouriffés et il porte des vêtements sales, "mal endossés".
Jean-Paul, qui a manqué étouffer sa sœur aînée Pauline en l'enfermant dans une armoire et qui a affamé son autre sœur, Laure, en lui dévorant toutes ses confitures, est sévèrement puni par son père. Comme il refuse de s'excuser et se trouve menacé de nouvelles foudres paternelles, il prend la fuite, pensant pouvoir enfin jouir d'une liberté étouffée par l'éducation parentale. Il entraîne dans son vagabondage Petit-Jacques, le fils du garde champêtre Roquille. Confrontés à des situations souvent ridicules, parfois dangereuses, les enfants font l'expérience de la bêtise et de la cruauté des adultes. Leur liberté, en réalité, n'est que fictive : M. Choppart, en effet, constatant l'échec de son éducation par la parole, décide de laisser son fils et son nouvel ami sur les routes et de les faire surveiller par l'un de ses domestiques. Ce sauveteur providentiel interviendra à de nombreuses occasions, apparaissant comme un "géant" aux yeux des enfants dont il croise la route. À la fin du roman, les deux enfants, qui ont été réduits à l'état d'ours de foire ou de frères siamois par le marquis de la Galoche, un saltimbanque peu glorieux, retrouvent leur famille et font amende honorable. En jouant sur le grotesque, la caricature, Louis Desnoyers utilise le récit narratif pour évoquer l'école de la vie comme méthode éducative possible, quand il s'agit de corriger les défauts de caractère d'un enfant, en lieu et place des châtiments corporels. (C. G.-B.)
 
 

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