De la nature du paon
Hugues de Fouilloy, De avibus
Dernier quart du XIIe siècle.
Troyes, Médiathèque de l'Agglomération, ms. 177, fol. 158v.
Cris du paon, maître effrayant.
Le paon a une voix effrayante, une démarche naturelle, une tête de serpent, et la poitrine couleur saphir. De plus, sur ses ailes, il a comme des plumes roussâtres. Il a aussi une longue queue, et, pourrait-on dire, comme couverte d'yeux [...].
Note aussi que le paon, lorsqu'il est admiré, dresse sa queue, car le prélat avide de gloriole élève son esprit sous les louanges des flatteurs. Il arrange ses plumes de manière recherchée, parce qu'il est certain que tout ce qu'il fait est bien ordonné. Mais quand cependant il relève sa queue, il dévoile en même temps son croupion : ainsi, la noblesse [d'âme] méprise la louange. Le paon devrait donc garder sa queue baissée, et le maître agir avec humilité.

 
 

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