Planches des Sept Classiques
Chine.
Éditeur : Wu Jishi (actif 1573-1619) Xin'an (province de l'Anhui). Xichunlou Édition xylographique illustrée Édition de 1615, d'après celle des Song datée de 1165 42 x 28 cm ; bois : 40,4 x 24,5 cm ; ill. dans le texte ou à pleine page ; nombre de colonnes et de caractères variables ; 16 fascicules ; couvertures originales en papier jaune ; étiquettes de soie rouge rosé
BnF, Manuscrits orientaux, chinois 2983
© Bibliothèque nationale de France
La tradition consistant à illustrer des portions du corpus canonique remonte à l'époque des Han. Sous les Song, chaque école de province en possédait une gravure sur pierre destinée à fournir une aide à l'enseignement des Classiques dont la terminologie technique était devenue abstruse.
Ce livre, devenu rare sous les Ming, fit l'objet d'une splendide regravure que sa page de titre annonçait "fidèle à l'original des Song". On note l'excellente qualité du papier et de la gravure tout autant que le format exceptionnel, l'importance iconographique et la variété et la complexité de la mise en page. Pratiquement chaque feuillet est pour moitié illustré, la totalité de l'ouvrage contenant plus d'un demi-millier d'images. L'ensemble manifeste une très grande inventivité graphique, les dessins et schémas se présentant selon une disposition et un compartimentage toujours renouvelés. Les tableaux figuratifs ou les diagrammes concernent la représentation des astres, des frontières territoriales, de la hiérarchie des fonctionnaires, des formes des vêtements et des objets, de l'habitation, de la nourriture, des boissons, etc. Ces représentations graphiques très diverses se rangent dans la catégorie chinoise des illustrations "tu", "tableaux". Les titres de ces derniers sont généralement inscrits au bandeau supérieur et se détachent en blanc sur fond noir. Ces effets contrastés ont été obtenus en évidant d'une part la partie textuelle, d'autre part le fond d'une même pièce de bois ; lors de l'encrage, les caractères en relief sur la planche, gravée en épargne, s'impriment en noir sur fond blanc, les caractères évidés, gravés en intaille ou en réserve, en blanc sur fond noir. La sûreté du trait et la complexité de la composition graphique témoignent du haut niveau technique atteint par les graveurs ; textes et légendes s'inscrivent parfois en étroites colonnes de plus de quarante caractères.
Le recueil est ici ouvert au Classique des rites des Zhou, le Zhouli. L'illustration de la page de droite montre les objets nécessaires au fonctionnaire chargé des liqueurs sacrificielles. Au-dessus de la première image se trouve le terme technique définissant l'objet dessiné, et au-dessous sa définition tirée du Zhouli, ici un gobelet de laque orné d'une huître destiné au vin du sacrifice. Sur la page de gauche, on voit notamment un quadrige utilisé pour se rendre aux cérémonies, surmonté d'un dais et décoré de plaques de jades, le Jin che yu lu zhi tu du ministère chargé de l'administration des chars des fonctionnaires.
 
 

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