Commentarii linguae graecae
Guillaume Budé, Paris, 1529.
Édition originale
Paris : Josse Bade, septembre 1529
In-folio. Édition originale. Exemplaire personnel de Guillaume Budé, annoté par lui
Reliure de maroquin rouge, aux armes jointes de Jacques-Auguste de Thou et de Gasparde de La Châtre, après 1600, avec inscription dorée au plat supérieur
Historique : Christophe de Thou; Jacques-Auguste I de Thou ; Jacques-Auguste II de Thou; Jean-Jacques Charron, marquis de Ménars ; Armand-Gaston de Rohan, évêque de Strasbourg ; acquis par le libraire Debure à la vente Soubise (janvier-mai 1789); entré à la Bibliothèque avant 1822.
BnF, Rés. X. 67
© Bibliothèque nationale de France
L’établissement d’un lexique grec, où les expressions étaient expliquées par référence au latin, constituait un projet ancien du philologue Guillaume Budé. Il en entretint Érasme à plusieurs reprises dans ses lettres et reprit maintes fois ce travail avant de le publier en 1529. Budé avait péniblement appris le grec dans sa jeunesse, faute de maîtres d’un niveau suffisant, et avait dû étudier souvent seul au prix d’un labeur incessant; aussi attachait-il une importance extrême à la création d’un collège consacré à l’enseignement des langues antiques. Il avait obtenu l’accord du roi, mais celui-ci ne se souciait guère du financement de la nouvelle institution. Ces difficultés inspirèrent à Budé la préface des Commentarii linguæ graecæ, véritable plaidoyer au roi en faveur de cette fondation.
Budé, qui mena toujours plusieurs oeuvres de front, surchargea son propre exemplaire des Commentarii d’additions et de corrections. Après sa mort en 1540, ses fils remirent ses manuscrits et exemplaires annotés à l’imprimeur Robert Estienne, confiants dans ses capacités à comprendre la pensée, mais aussi l’écriture de l’humaniste. Estienne donna donc en 1548 une édition des Commentarii augmentée de plus d’un tiers. La vénération que les milieux lettrés éprouvaient pour Budé apparaît dans le soin qui fut pris de cet exemplaire dans l’atelier. Il servit bien de copie au prote, qui prépara dessus la mise en page de la nouvelle édition, compta le nombre de signes par ligne, souligna les mots au début de chaque page et porta en marge la pagination, mais ne fut pas maculé d’encre d’imprimerie. Loin de partir au rebut, comme c’était habituellement le cas pour les manuscrits une fois le travail de composition terminé, il fut préservé et passa ensuite aux mains du parlementaire Christophe de Thou, puis de son fils Jacques-Auguste. Celui-ci avait lui-même suivi les cours de grec du Collège royal et fait de la lecture des auteurs grecs sa principale activité de 1573 à 1578. Il distingua toujours dans sa célèbre bibliothèque les livres annotés par Budé, qui lui venaient de son père, de ses livres courants. Il fit relier cet exemplaire à ses armes accompagnées de celles de sa seconde épouse, Gasparde de La Chastre, après 1600, et porter sur le plat supérieur les mots GVL. BVDAEVS RECEN SVIT : il s’agit sans doute de la première mention sur une reliure qui mette ainsi en valeur une particularité d’exemplaire.
G. G.-C.
 
 

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