Monstres marins, dragon et dauphins
Livre des natures des choses
Thomas de Cantimpré, abbaye de Saint-Amand, 3e quart du XIIIe siècle.
Manuscrits à peinture
Valenciennes, Bibliothèque municipale, ms. 320, fol. 113v.-114
© Bibliothèque nationale de France
L'introduction de la lettre ornée, élément décoratif au départ très modeste, devait avoir une influence considérable sur l'aspect des mises en page. Les initiales enluminées servent de repères pour mettre en valeur les diverses articulations du texte. Ainsi se mettent en place pour une lecture plus aisée, livres, chapitres, paragraphes ou autres sections propres à l'ouvrage.
Ce manuscrit richement illustré comprend les vingt livres de l'encyclopédie écrite vers 1240 par le dominicain Thomas de Cantimpré. Il s'agit d'une compilation de toutes les connaissances du temps sur les sciences naturelles, qui puise à des sources aussi variées qu'Isidore de Séville, Aristote (qui venait d'être traduit de l'arabe en latin), Pline l'Ancien, le chanoine troyen Pierre Le Mangeur et bien sûr le Physiologus.
Le manuscrit témoigne aussi de la nouvelle manière de fabriquer les livres au XIIIe siècle, lorsque les ateliers de copie laïques des villes universitaires ont pris le pas sur les monastères : l'enluminure, qui vient systématiquement commenter le texte, est réalisée après la copie. L'artiste ne paraît pas avoir imité un modèle, mais plutôt suivi les indications qui ont été écrites dans la marge, en français, par le chef d'atelier. Tel est notamment le cas de cette double page, où sont représentés divers monstres et animaux marins. Les hommes du Moyen Âge, qui ne s'écartaient guère du rivage lorsqu'ils naviguaient, n'avaient qu'une connaissance très limitée des poissons et des animaux de haute mer.
 
 

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