Questions et locutions sur l'Heptateuque, livres 1-4
Page de frontispice et début des commentaires à la Genèse, saint Augustin
saint Augustin, France, VIIIe siècle.
Manuscrits à peinture
BnF, Manuscrits, Latin 12168 fol.Cv-1
© Bibliothèque nationale de France
La nature de l'enluminure, depuis le haut Moyen Âge, est double : illustrative mais aussi ornementale. L'illustration apparaît dès l'Antiquité. Ce n'est qu'à une époque relativement tardive que le décor fait son apparition en Occident dans le manuscrit, sous la forme de la lettre ornée, dont les plus anciens témoins conservés ne remontent guère avant le VIe siècle.
L'art mérovingien s'est nourri des apports de l'Italie lombarde, à laquelle il a en particulier emprunté le motif du portique. Sa diffusion s'est effectuée par l'intermédiaire de l'abbaye bourguignonne de Luxeuil et de sa filiale Corbie. On le trouve également à Laon, où fut sans doute copié cet exemplaire de saint Augustin. Celui-ci s'ouvre sur un frontispice décoratif formé d'une arcade renfermant une croix monumentale sur laquelle trône un aigle. Les lions qui portent l'ensemble mettent l'accent sur le rôle symbolique du frontispice, semblable à l'entrée d'un espace sacré. Copié dans l'écriture az caractéristique de Laon, ce manuscrit s'ouvre sur un superbe diptyque dont la décoration synthétise le répertoire ornemental et la tonalité de l'art mérovingien déployé tout au long du manuscrit, des initiales peintes inspirées des émaux cloisonnés des bijoux mérovingiens à la diversité du vocabulaire décoratif zoomorphe, oiseaux, poissons et canidés.
 
 

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