Bible de Vivien, dite Première Bible de Charles le Chauve
La Genèse : Création d'Adam et Ève Dieu ; Péché originel ; Adam et Ève chassés du Paradis
Saint-Martin de Tours, 845.
Manuscrits à peinture
BnF, Manuscrits, Latin 1 fol.10v
© Bibliothèque nationale de France
La place de l'enluminure est indissociable de la question des images qui déchire la chrétienté au VIIIe siècle. Alors que Rome recourt aux images pour magnifier la Création et la Parole divine, Byzance dénonce l'idolâtrie et récuse officiellement les images. Le concile de Nicée tranchera finalement la question en faveur du pape, affirmant le rôle pédagogique des images.
Selon Grégoire-le-Grand, les images sont investies d'une triple fonction : instruire les illettrés, fixer la mémoire de l'histoire sainte et susciter un sentiment de componction chez les fidèles, mais elles ne sauraient être adorées.
Les Carolingiens reprennent ces idées. Pour eux, l'image a une portée purement instrumentale : s'adressant avant tout aux fidèles, elle a pour fonction de rappeler les hauts faits de l'histoire sainte. Nullement décriée, sa valeur esthétique est destinée à susciter une réaction affective de la part de ceux qui la contemplent.
C'est à Tours que les artistes recommencent à illustrer le texte sacré, de façon moderne et originale, par des cycles d'illustrations narratifs s'inspirant de modèles de la Basse Antiquité. Dans cette Bible monumentale, cadeau de l'abbé laïque Vivien (843-851) et des moines de l'abbaye Saint-Martin de Tours, à Charles le Chauve, huit peintures en pleine page représentent des épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ici la Genèse : disposées en trois registres, les scènes figurent successivement la Création d'Adam et Ève, le Péché originel, l'expulsion du Paradis et les travaux d'Adam et Ève.
 
 

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