Transmission du dharma des causes fondamentales et accessoires
Kimkarya (?) et Tan Yao, traducteurs, Chine, Non daté, dynastie des Wei du Nord (386-534).
Rouleau manuscrit incomplet de 16 feuilles de très beau papier teinté à l'orpiment ; 16 ou 17 caractères par colonne 26,5 x 636,8 cm
BnF, Manuscrits orientaux, Pelliot chinois 2124
© Bibliothèque nationale de France
Ce texte, intitulé Transmission du dharma des causes fondamentales et accessoires, se rattache à la section des "Traditions historiques" du Canon bouddhique. Ce rouleau de très beau papier teinté à l'orpiment, non daté, fut sans doute copié sous la dynastie des Wei du Nord (386-534) si l'on en juge par le style calligraphique.
Les caractères bien encrés se présentent comme autant d'unités compactes distinctes, robustes et vigoureuses, largement séparées les unes des autres. Le trait horizontal dépassant largement donne l'impression d'un caractère à la structure carrée. Les traits horizontaux sont légèrement dirigés vers le haut. La technique de gravure des inscriptions lapidaires augmentait l'angularité des traits qui caractérise en général ce style. Dans les manuscrits, cette angularité est moins visible, la succession des traits s'opérant en relevant le pinceau sans toutefois quitter complètement la feuille. Le point d'attaque du caractère est apparent, sans être agressif, et le calligraphe a épaissi le trait final en appuyant plus fortement le pinceau. La clarté de l'ensemble résulte d'une grande application à former les traits. La mise en page soignée, de 16 à 17 caractères par colonne, reste aérée malgré la compacité du texte. Cette copie, d'une grande force, n'est aucunement mécanique. On remarque, en effet, que les caractères, malgré leur nombre constant par colonne, ne sont pas alignés horizontalement, ce qui a pour effet d'animer la page.
Les moines copistes professionnels copiaient à longueur de journées les sûtras d'après des modèles identiques, les reproduisant fidèlement sans proposer d'innovations graphiques, si bien que le style reproduit par les scribes des Wei du Nord demeura inchangé pendant une longue période. Il fut redécouvert sous la dynastie des Qing grâce aux travaux des épigraphistes. Les inscriptions, diffusées auprès des calligraphes grâce aux estampages, furent étudiées et leur style apprécié pour son énergie masculine un peu rude, son aspect généreux, sa structure claire et son homogénéité.
 
 

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