Voyages de Gulliver. Paris : J. Guérin, 1727
Illustration de «L'île flottante»
Jonathan Swift, 1727.
Folio A5 EN REGARD P. 1
BnF, Réserve des livres rares Rés. Y2. 11734
© Bibliothèque nationale de France
Pour dénoncer l'Angleterre de son temps en échappant à la censure, Jonathan Swift (1667-1745), doyen anglican de Saint-Patrick, ardent défenseur de l'Irlande, a recours à la satire. En transplantant son héros dans des mondes imaginaires l'auteur peut tout s'autoriser. Mais, au-delà de la satire politique et sociale, Les Voyages de Gulliver sont une réflexion sur la condition humaine. Lilliput et Brobdingnag ridiculisent l'homme politique et sa folie des grandeurs ; les Laputiens incarnent les dérives de la "science omnisciente" ; les Houyhnhnms nous montrent qu'un être entièrement rationnel ne saurait être humain. Certains voient dans ce texte, publié pour la première fois en 1726, l’œuvre d'un misanthrope condamnant sans appel la nature humaine viciée depuis le péché originel, d'autres celle d'un moraliste incitant l'homme à se réformer.
 
 

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