Voltaire, Candide ou l'Optimisme, traduit de l'allemand de M. le Docteur Ralph
1758.
Copie de Wagnière portant des corrections autographes, 154 f., 20,5 x 16 cm.
BnF, Arsenal, ms. 3160, p. 114
© Bibliothèque nationale de France
C'est pour distraire des hôtes illustres que Voltaire, à cinquante ans passés, se lance dans le conte philosophique, genre si prisé au XVIIIe siècle. Auteur dramatique et poète épique, il ne voit là d'abord qu'un agréable dérivatif à ses nobles compositions, dont le succès le déroute lui-même : "Queste coglionerie se vendent mieux qu'un bon ouvrage." Publié anonymement à Genève - ce qui ne trompa personne - après une saisie des bonnes feuilles chez un imprimeur parisien, condamné en France comme en Suisse, Candide connut en effet un succès fulgurant. Le roman d'apprentissage du jeune homme à la poursuite de sa chère Cunégonde, à travers une Europe dévastée et un univers de fantaisie, permet à Voltaire de donner libre cours à sa verve satirique, aux anachronismes voulus, en une langue élégante, limpide, alerte. Sous l'apparence badine de l'utopie, le philosophe poursuit sa mission : lutter contre les abus de toute sorte, les superstitions cruelles et absurdes, l'arbitraire, le fanatisme, les horreurs de la guerre. Au "meilleur des mondes possibles" proclamé par Pangloss, disciple de Leibniz, il oppose la sage conclusion de Candide, au terme de sa tumultueuse initiation, pour sauvegarder un semblant d'harmonie : "Il faut cultiver notre jardin." Le seul manuscrit connu à porter des corrections de Voltaire est une copie de la main du secrétaire des vingt dernières années, Nicolas Wagnière. Il offre plusieurs versions du chapitre parisien, "le seul qui soit trouvé faible", selon le duc de La Vallière, à qui Voltaire l'offrit avant même la publication de Candide en février 1759.
 
 

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