André Chénier, Iambes
mi-juillet 1794.
Manuscrit autographe, 3 f., 15 x 6 cm et 15,5 x 4,1 cm
BnF, Manuscrits, N. a. fr. 6850, f. 187 à 189
© Bibliothèque nationale de France
Le seul poète du XVIIIe siècle meurt sur l'échafaud à trente-quatre ans le 27 juillet 1794, inconnu de ses contemporains, si ce n'est par deux pamphlets antijacobins. Sensible et excessif, il fait des vers depuis sa seizième année sans jamais songer à les publier, à les achever même, à l'exception de quelques Bucoliques et églogues. Chénier est l'homme des pièces courtes, des inspirations fulgurantes et des grandes épopées philosophiques interrompues. Sa poésie baigne dans la sensualité, la culture antique : "Sur des pensers nouveaux, faisons des vers antiques". Elle atteint sa plénitude dans les années tourmentées de la Révolution avec des élégies, des Odes et des Iambes, brûlant déferlement d'un génie créateur enfin libéré de son carcan : "L'art ne fait que des vers ; le cœur seul est poète." Les trois derniers Iambes, dit-on, sortirent de la prison, petites bandes de papier dissimulées dans un panier de linge sale, quelques jours avant son exécution. La légende du poète assassiné aida à la découverte d'une œuvre restée embryonnaire, inachevée. Une édition "complète" fut faite en 1819. L'éditeur, Latouche, ne restitua à la famille qu'une partie des papiers, qui furent légués à la Bibliothèque nationale : poèmes, ébauches et notes dans un désordre inextricable.
 
 

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