Les Dialogues ou Rousseau juge de Jean-Jacques
Manuscrit autographe. Première mise au net
Jean-Jacques Rousseau, France, Février 1776.
VI-226 p., 22 x 17 cm
BnF, Manuscrits, N. a. fr. 25700, f. 1
© Bibliothèque nationale de France
Condamné de tous côtés depuis la publication de l’Émile et du Contrat social, obsessionnellement persécuté, Rousseau n'écrit plus désormais que pour conforter sa position d'accusateur accusé, en un retour au "moi", meilleur garant selon lui de la solidité du raisonnement philosophique. De 1772 à 1776, il rédige trois "Dialogues" qui s’inscrivent, comme les Confessions et les Rêveries d’un promeneur solitaire, dans la postérité auto-analytique de Montaigne, mais aussi dans la tradition de la littérature de controverse. L’accusateur – le diable – est "le Français" porte-parole de la nation persécutrice, le défenseur – l’Esprit – est Rousseau lui-même. La postérité saura rendre justice à l’innocence de Jean-Jacques l’accusé. Pour que le précieux dossier lui parvienne intact, son auteur décide d’en déposer la mise au net dans le chœur de Notre-Dame sous une chemise intitulée "Dépôt à la Providence". Trouvant les grilles fermées, il confie le tout au "vertueux", Condillac, à charge pour lui de la transmettre à un homme plus jeune qui puisse la publier un jour « sans offenser personne ». A la mort de Condillac, en 1780, le manuscrit est déposé à l’hospice de Beaugency où il demeure jusqu’en 1879. Passé dans de prestigieuses collections privées, il entre à la BnF en 1996 par voie de dation.
Les Dialogues avaient été publiés, avec d'infimes variantes, dès 1782, grâce aux trois autres copies autographes rédigées en 1776 et augmentées de la très éclairante Histoire du précédent écrit.
 
 

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