Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
mars-mai 1857.
Alençon, imprimerie de Poulet-Malassis et De Broise.
Épreuves mises en pages et corrigées, parfois en deux ou trois jeux, et portant bon à tirer. Relié en maroquin noir doublé, par Marius-Michel [160] f. in-12, paginés jusqu'à 252, et 4 f. ajoutés
BnF, Réserve des livres rares, Rés. p. Ye. 3006
© Bibliothèque nationale de France
Le manuscrit des Fleurs du mal ayant disparu, ainsi que la quasi-totalité des placards, ces épreuves mises en pages demeurent le seul document permettant de restituer dans sa continuité l'aventure du livre, depuis la suppression de la première dédicace, présentée le 8 mars 1857 à Théophile Gautier, jusqu'aux dernières reprises de vers, après la mi-mai. Circulant d'Alençon à Paris et retour, ces feuilles, reliées maintenant, attestent en outre l'extrême attention portée par l'auteur à l'orthographe (modérément traditionnelle), à la ponctuation (pour noter le sens mais aussi la "déclamation"), ainsi qu'à la mise en page. Elles servirent également de support aux questions de Poulet-Malassis, à ses objurgations (rageusement barrées par Baudelaire) à retourner sans tarder les placards corrigés. Elles manifestent enfin, par les notes et les recommandations du poète, une tension des derniers instants, indifférente à l'exaspération de l'éditeur, qu'il avait choisi, comme il se plut à le lui rappeler, parce qu'ils partageaient tous deux l'idée "qu'en toute espèce de production, il n'y avait d'admissible que la perfection".
 
 

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