Louis Aragon, Les Beaux Quartiers  
Manuscrit autographe, 31 x 24 cm
BnF, Manuscrits, N. a. fr. 18171, f. 3
© Editions Denoël
L'écriture d'Aragon, rapide, très lisible, peu raturée, sans marges, semble d'une impressionnante facilité. L'écrivain s'est souvent exprimé à ce propos, affirmant qu'il écrivait "en état d'innocence", "comme un lecteur qui fait la connaissance d'un paysage ou de personnages dont il découvre le caractère, la biographie, la destinée", la première phrase entraînant toutes les autres. Il reconnaissait à ses romans un caractère commun "de non-préméditation" - aucune organisation préalable du récit, ni le moindre plan. La seule idée préconçue qu'il avoue est d'avoir écrit Les Beaux Quartiers "contre" Les Cloches de Bâle et d'avoir décidé d'y montrer l'extension du milieu des affaires en opposant la province à Paris. C'est l'unique roman où il a "fait semblant de construire ce qui n'est construit que d'apparence", pour répondre aux critiques sur Les Cloches de Bâle ("cela m'agaçait qu'on me dît encore que c'était mal construit"). Cette apparente aisance n'exclut cependant pas les corrections, ratures de premier jet ou de relecture : "Tout écrivain véritable, s'il se relit [...] est naturellement porté à réécrire ou modifier ce qu'il a sous les yeux." Ayant analysé lui-même sa manière d'écrire, Aragon était ouvert aux travaux des chercheurs. Dès 1977, il concrétisait son intérêt pour la génétique des textes en confiant ses manuscrits et ceux d'Elsa Triolet au CNRS, afin qu'ils y soient étudiés.
 
 

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