Reliure à la grecque en maroquin citron aux armes de Henri II, à plein décor de rinceaux dorés et rehaussés de peinture
Paris, atelier du relieur du roi
vers 1550.
Novum Testamentum [en grec], Paris, 1550, 355 (360) x 240 mm.
BnF, Réserve des livres rares, RES-A-513 (TER) Édition "Ex bibliotheca regia"
© Bibliothèque nationale de France
L'imprimeur Robert Estienne a très probablement commandé lui-même cette reliure très luxueuse pour l’exemplaire qu’il destine au roi. Le grand cartouche central suffit à signaler le caractère exceptionnel de la pièce, entièrement exécutée au moyen de filets dorés. La composition ovale formée d’un double ruban peint en noir intègre à quatre reprises l’héraldique royale, sous la forme du monogramme H C, adaptant ici à la reliure une technique que l’on pourrait rapprocher des caissons des riches plafonds Renaissance.
Le caractère monumental est accentué par les volutes, qui étendent la surface du cartouche à la quasi-totalité des plats, les dimensions du volume finissant presque par sembler trop petites pour accueillir un tel décor. Un soin tout particulier a été apporté au rendu des volumes, avec les filets redoublés qui dessinent des cuirs rehaussés de gris. De même, les jeux de perspective ont été restitués de manière inédite sur les parties courbes par un filet qui traverse le ruban noir, donnant ainsi à celui-ci un effet de torsion très réussi. Ces tracés témoignent de l’évolution des partis pris décoratifs : ce n’est plus simplement le plat d’une reliure que l’on a sous les yeux mais un véritable objet considéré dans une perspective tridimensionnelle. Les espaces des plats laissés vierges par ce cartouche monumental ont été couverts d’un réseau doré de fines arabesques, lesquelles s’apparentent le plus souvent à des rinceaux avec leurs larges fleurs et feuilles, également peintes en noir et rehaussées de petites touches grises ; la grande paire de fleurs qui encadre le cartouche est à cet égard un modèle du genre. Ces filets courbes simples, qui contrastent avec les rubans peints, servent eux aussi l’emblématique royale puisqu’ils sont, à intervalles réguliers, ornés d’un petit croissant doré tracé par deux petits fers courbes, puis peint en gris. Lorsque ces arabesques rejoignent la figure centrale, elles passent sur ou sous les rubans, mais on s’est aussi efforcé, toujours dans le même souci de suggérer une profondeur, de leur faire traverser ces mêmes rubans, illusion rendue et entretenue ici par de simples traits dorés sur les rehauts noirs. (F. L. B.)
 
 

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