Reliure à la grecque en maroquin orange aux armes de Henri II à plein décor d’entrelacs courbes argentés peints en noir
Paris, atelier du relieur du roi,
vers 1552-1553.
Clément d'Alexandrie, Opera [en grec], Florence, 1550, 345 (355) x 235 mm.
BnF, Réserve des livres rares, C-59, Édition "ex bibliotheca Medicea".
© Bibliothèque nationale de France
La pureté du motif d’entrelacs de cette reliure met en évidence les liens qu’entretiennent les décors de reliures avec les autres arts décoratifs. On pourrait en effet sans difficulté se croire en face d’un panneau de marqueterie fabriqué d’après l’un des nombreux modèles proposés à l’époque, la couleur orange des plats rappelant de surcroît la teinte d’un bois. Les rubans noirs sont en effet suffisamment espacés et leurs entrecroisements assez simples pour que l’on puisse apprécier la couleur comme la texture du maroquin, qui devient ainsi un élément à part entière du décor.
Le doreur ne se contente toutefois pas ici d’un simple ornement de surface : il a recours, pour donner un peu de profondeur à sa composition, à une technique particulière. À intervalles réguliers, les passages dessus et dessous des entrelacs cèdent la place à de simples traits argentés évoquant le percement des rubans. L’effet est particulièrement réussi dans les quatre angles, où les motifs ont été effilés. Les rinceaux font ici une petite apparition sur les reliures royales, autour de l’ovale central, en tête et en queue de chaque plat ainsi que dans les angles. Ces dessins appartiennent traditionnellement au vocabulaire architectural et concourent eux aussi au rendu des volumes, les effets de torsion étant obtenus par le redoublement de leurs filets comme par leurs extrémités amincies et les rehauts de peinture noire. (F. L. B.)
 
 

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