Reliure à la grecque en maroquin rouge aux armes de Henri II, à encadrement mosaïqué de maroquin vert orné d’arabesques dorées
Paris, atelier du relieur du roi
Conrad Gesner (1516-1565), vers 1554-1555.
C. Gesner, Bibliotheca universalis, Zurich, 1545., 330 (345) x 215 mm.
BnF, Réserve des livres rares, RES-Q-48
© Bibliothèque nationale de France
L’accent a été mis ici, à l’évidence, sur l’ornementation car, hormis le bloc armorié doré sur une pièce de maroquin citron, l’héraldique royale est complètement absente. L’arabesque qui orne la bordure mosaïquée de maroquin vert rend compte de l’évolution des modes comme elle atteste de la grande maîtrise de son doreur, qui a fait preuve d’une recherche élaborée dans sa composition. Celle-ci est rythmée par les compartiments quadrilobés dorés répétés sur les quatre côtés, reprenant en fait, de manière plus stylisée, le dessin du petit fer azuré qu’ils encadrent. La mise en abyme ne s’arrête pas là puisque ces compartiments sont eux-mêmes inscrits dans une seconde figure quadrilobée qui fait, quant à elle, le lien avec l’arabesque proprement dite. Ses formes sont beaucoup plus arrondies et intègrent deux paires foliées azurées déjà rencontrées sur les reliures de série. L’équilibre final de la figure repose sur les deux filets simples terminés d’une petite feuille azurée, qui déterminent d’ailleurs son sens. Ces compartiments quadrilobés sont en effet disposés tête-bêche et les deux paires azurées alternent. De plus, on trouve, dans les angles, des compartiments qui dessinent une fleur stylisée et entourent un fer quadrifolié appartenant au matériel le plus récent de l’atelier, tout comme, d’ailleurs, le tout petit fer doré dans les angles de la bordure. Ce compartiment est complété par l’une des paires foliées dorées sur les côtés et on y observe aussi des filets terminés d’une petite feuille azurée.
Aux filets simples qui dessinent les deux compartiments imbriqués s’opposent les filets redoublés qui, partant du petit fer azuré qu’ils encadrent, assurent la liaison entre eux et contribuent à donner le sentiment d’une arabesque sans fin, qui court tout autour du rectangle central. Le fer au trèfle est toujours présent, poussé à intervalles réguliers sur ces filets redoublés. (F. L. B.)
 
 

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